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Danse au Festival d’Avignon : la prise de risque face à l’efficacité de la simplicité

À l’occasion du premier week-end de festival à Avignon, les amateurs de danse se sont vu offrir, dimanche 10 juillet, une variété de propositions dans lesquelles l’intention de bousculer n’a pas su s’imposer devant l’épuration de concepts.


Dans le cadre de la série 1 de l’exercice d’écriture Vive le Sujet !, proposé à huit auteurs et autrices par le Festival d’Avignon et la SACD, et présentaient respectivement Ce n’est qu’une histoire de balances et NYST. Les deux artistes se sont vu offrir la possibilité de créer tout spécialement une performance à destination du public avignonnais, avec pour seule contrainte de faire appel à deux acolytes.

Et c’est le déséquilibre qui a intéressé , artiste associée à la comédie de Caen, qu’il soit littéral, sous forme de portés à bout de jambes inspirés du cirque, ou bien mental, en allant plonger dans les rouages de son propre fonctionnement psychologique ou celui de ses partenaires de création. En faisant dialoguer les disciplines du tissu aérien, du beatbox et du théâtre, la metteuse en scène a tenté de partir du personnel pour aborder de façon plus universelle la question ambitieuse de la quête du bonheur. Le sujet reste malheureusement très en surface, avec une scénographie peu exploitée et des scènes qui peinent à aller à l’essentiel.

Toujours sur le magnifique plateau du jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph, , lauréate de tremplin Trans’urbaines et des prix Hip Hop Games 2018 et CCN de Créteil / Festival Kalypso 2019, a quant à elle choisi de s’en tenir à développer de bout en bout un concept unique. Une femme, assise en avant-scène, micro à la main, entame l’audiodescription de ce qui l’entoure, puis se concentre sur la danseuse venue improviser, qui n’est autre que la chorégraphe. Mots et successions rapides de gestes près du corps se répondent, s’accompagnent et se guident, accompagnés par une musique d’ambiance qui raisonne avec la même délicatesse que la voix et le mouvement qu’elle accompagne. Une performance qui offre un moment de poésie au travers d’une combinaison d’éléments à la fois épurée et éphémère.

En Off à présent, la jeune compagnie lausannoise La PP s’est installée à la Collection Lambert, dans le cadre de la Sélection suisse en Avignon, avec un dispositif ludique et participatif qui vaut le détour. Avec Dédicace, toutes les cinq minutes, sur deux plages horaires d’une heure et demie par jour, on peut soumettre à Audrey Dionis et son morceau choisi sur YouTube et profiter d’une improvisation personnalisée sur un carré de 3m2, à la manière d’un jukebox vivant. D’abord plongée dans la pénombre, la salle sera soudainement illuminée par les spots situés aux quatre coins du tapis de danse, réglés pour réagir à l’intensité du son. On appréciera le choix particulier de cette salle reculée et multicolore du musée, dont les tons de la peinture murale s’accordent parfaitement avec les justaucorps fluos des deux danseurs contemporains lancés dans un marathon d’improvisation pensé par et .


Toujours en Off, aux Hivernales, encore de grandes questions qui n’offrent que peu de réponses. Avec Starving Dingoes, se penche sur le dysfonctionnel et la finitude, mais confond malheureusement effusions caricaturales avec expression de la folie. Pendant cinquante minutes, sur un sol blanc recouvert d’une couche de sable, la chorégraphe formée à la London Contemporary Dance School met en scène un groupe de cinq danseurs qui se tortillent, s’agitent et se déplacent dans tous les sens à un rythme effréné, pourvus de vêtements de sport vintage étrangement associés. Une musique électro aux basses entêtantes et une atmosphère lumineuse tantôt orange, tantôt blanche viennent souligner et matraquer un propos très viscéral mais mal dosé, malgré quelques chorégraphies d’ensemble pourtant très bien écrites.

Crédits photographiques : NYST © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon ; Dédicace © Raphaëlle Mueller ; Starving Dingoes © Bohumil Kostohryz.

 

 

 

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