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Finale du 3e Concours de jeunes chorégraphes de Ballet

Après plusieurs reports, la finale de la troisième édition du Concours de jeunes chorégraphes organisé par le Ballet de l’Opéra national de Bordeaux, le CCN et le CCN-Ballet de l’Opéra national du Rhin s’est enfin tenue le dimanche 17 juillet sur la scène de la Gare du Midi à Biarritz.

Sélectionnés parmi soixante-six candidatures, les six finalistes du Concours de jeunes chorégraphes de Ballet ont présenté dimanche dernier après-midi leurs créations dans l’espoir de remporter l’un des cinq prix mis en jeu. Cette compétition a pour but d’accompagner et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de chorégraphes autour de la notion de « ballet », définie comme une compagnie composée de nombreux danseurs fixes. Il s’agit par conséquent de donner la possibilité à de nouveaux talents d’accéder à la composition pour de multiples danseurs.

Cette année, le jury était composé d’, directrice du Ballet national de Norvège, de , directeur du CCN-Ballet de l’Opéra national du Rhin, de , directeur du CCN , d’Éric Quilleré, directeur de la danse de l’Opéra national de Bordeaux et de , lauréate du concours de 2016 et fondatrice du Ballett X Schwerin, sa propre compagnie. Cette édition du concours était également présentée par la charismatique , lauréat du deuxième prix de l’édition de 2016.

Le Prix de Biarritz / Caisse des dépôts et Consignation a été décerné à . Originaire de Bulgarie et maître de ballet au Norwegian National Opera and Ballet depuis 2019, il reçoit une bourse de 15 000 € grâce à la pièce Sororibus s’inspirant des Trois Sœurs d’Anton Tchekhov, dont il propose une vision abstraite sur les cordes dramatiques de Fratres for Violin, String Orchestra and Percussion d’.

Oh ! Les mains de a également été très bien reçue, car la chorégraphe française, artiste en résidence au Scottish Ballet, a remporté le Prix du public / Fondation de France, ainsi que le Prix des professionnels. Elle décroche donc deux fois 3 000 € pour son travail autour du mythe de Pygmalion, qui met en scène trois créateurs habillés de noir et pourvus de gants rouge écarlate, ainsi que trois « créations » incarnées par des femmes, dans une mise en scène humoristique reposant sur une technicité hors pair. Elle doit d’ailleurs ses deux récompenses à la solidarité des six danseurs du Malandain Ballet Biarritz qui ont accepté de remplacer au pied levé le casting original, ce dernier n’ayant plus été en mesure de participer au concours en raison des reports liés au Covid-19.

Enfin, dans le cadre du Prix du Jury, deux chorégraphes se voient attribuer une résidence artistique pour la création d’une pièce de vingt minutes avec les danseurs de deux ballets nationaux. Et c’est le Brésilien , danseur au Zurich Ballett, qui sera accueilli au sein du Ballet de l’Opéra national du Rhin après avoir présenté Umbra. Son style très contemporain incorporant quelques éléments classiques et néoclassiques a su se démarquer, notamment grâce à un travail d’écriture en écho, à une sollicitation du souffle et de la parole, et à une utilisation efficace et signifiante des lumières sous la forme de trois douches et d’une lampe de poche.

L’Américain Houston Thomas, âgé seulement de 26 ans et actuellement second soliste au Dresden Semperoper Ballett, aura quant à lui l’opportunité de travailler avec le Ballet de l’Opéra national de Bordeaux. Sa pièce Follow the White Rabbit, inspirée du film The Matrix (1999), présage en effet d’un talent d’écriture prometteur de par un travail subtil de variations des intentions, des énergies et des rythmiques, le tout porté par des costumes sobres et graphiques et par une musique électro très radicale aux sonorités parfois dérangeantes, qui rappellent les fréquences et les sons émis par certains appareils numériques du quotidien.

Of silence, la création lyrique pour six danseurs sur une musique de Pëteris Vasks d’ n’a malheureusement pas été récompensée. Ce fut également le cas de Distorted Seasons de Jorge García Pérez, malgré une habilité à dépeindre des personnages magnétiques mis en valeur par des costumes fluo ou noir et blanc travaillés. La qualité de l’ensemble des prestations présage néanmoins d’un avenir prometteur pour la création chorégraphique, au regard du beau panorama d’artistes et de danseurs issus de multiples horizons qu’a offert cette belle journée de concours.

Crédits photographiques : Oh ! Les mains ; Umbra ; Follow the White Rabbit © Olivier Houeix

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