Le chorégraphe Thomas Lebrun nous invite avec Derrière Vaval, Pleurs, cornes et fwèt dans l'univers du carnaval des territoires ultramarins et ses rituels, grâce à un partenariat avec le CDCN guyanais et aussi avec la Martinique et la Guadeloupe.
Après une approche de l'Amérique centrale et ses communautés particulières dans la délicate pièce Sous les fleurs issue d'une immersion au sein de la communauté des Muxes au Mexique, le chorégraphe Thomas Lebrun a choisi d'approfondir sa collaboration avec la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique, avec lesquels il tisse des liens depuis plus de dix ans, pour conter l'histoire des corps, des racines et des terres.
Derrière Vaval, le Roi du Carnaval, se déploient successivement en trois solos les univers tous singuliers de trois figures ritualisées : la diablesse, ou Pleureuse, qui traîne des casseroles pour recueillir les pleurs des gens et leurs malheurs et se sépare petit à petit des différentes couches de tissu qui la protègent des regards du monde, le terrible Diable rouge, magnifique personnage à cornes haut en couleurs renvoyant le reflet de ses miroirs et le Fwèt, ici personnage inventé évoquant les fouets qui ouvrent les festivités du carnaval en Guadeloupe. Celui-ci déploie une danse d'une grande générosité, de joie et d'énergie sur une musique enivrante qui célèbre l'histoire, les traditions, les couleurs, sans omettre de croiser les chemins de l'esclavage dans des allers-retours entre musiques et textes de l'auteure guyanaise Emmelyne Octavie.
Sur la scène du Théâtre de Chaillot, les différents tableaux évocateurs sont déployés par trois interprètes puissants, venus d'horizons différents, la Guyanaise Gladys Demba, le Martiniquais, Jean-Hugues Miredin et le Guadeloupéen Mickaël Top. La lumière sensible de Françoise Michel, faite de néons mobiles aux couleurs vives et changeantes souligne l'espace et supporte avec justesse cet ode fort à la liberté.