La pianiste franco-hongroise Suzana Bartal, apporte avec grâce et soin, euphonie et romantisme, sa contribution à une abondante discographie.
Le fameux Concerto en la mineur de Grieg créé par Edmunt Neupert le 3 avril 1869 avec ses tournures romantiques et sa beauté intrinsèque a connu les honneurs des interprètes et les félicitations d'une myriade d'auditeurs. Suzana Bartal, qui a ébauché une discographie intéressante avec un enregistrement de la musique de Schumann (2016), Liszt (Naïve, 2020) et Eric Tanguy (Erato, 2022, Diapason d'Or). ne cherche pas l'innovation mais présente fidèlement et avec talent la partition de Grieg. L'allegro molto moderato initial délivre le charme naturel du compositeur, la soliste étant efficacement soutenue par un Orchestre de la Sarre tonique et parfaitement conduit par le chef Sébastien Rouland qui s'est déjà fait un nom dans le domaine de l'opéra. La douceur poétique de l'Adagio parfaitement exploitée par la soliste mérite des louanges tandis que le dernier mouvement Allegro moderato molto e marcato se pare d'une énergie tonique bienvenue et naturellement attendue.
Le Deuxième Concerto pour piano et orchestre en sol mineur de Camille Saint-Saëns fut composé quelques mois avant la création du sol mineur de Grieg dans un temps court de trois semaines. L'orchestre dirigé par le fameux Anton Rubinstein et le piano tenu par le compositeur lui-même le créèrent salle Pleyel le 13 mai 1868 avec un succès mitigé. Néanmoins l'œuvre brillait déjà par sa morphologie plutôt inhabituelle tout à fait apte à fixer l'attention des auditeurs et devait plaire à un large public. L'Andante sostenuto très typé et immédiatement reconnaissable affiche le génie du Français. Bartal, l'Orchestre de la Sarre (créé en 1912) et Rouland le servent avec talent et engagement. De même rendent-ils justice au compositeur dans les mouvement suivants nommés Allegro scherzando et Presto riches en rythmes et climats particulièrement chaleureux.
Un programme, traditionnel certes, mais toujours savoureux.