Un commissaire de police attachant, un suspense prenant, des retournements de situation… Tous les ingrédients sont là pour les amoureux de polars avec le nouveau roman d'Hugo Paviot intitulé La musique adoucit les morts.
Si nous chroniquons ce roman, le lecteur comprendra facilement que les amoureux de musique classique y trouveront également leur compte ! Difficile d'expliquer précisément pourquoi : laissons chaque détenteur de ce livre le découvrir à sa guise. On peut vous assurer que vous ne serez pas déçu.
Hugo Paviot mêle astucieusement dans cet ouvrage enquête policière, enracinement local (l'action se passe à Clermont-Ferrand), radicalisation des idées et des mouvements – ici écologiques -, drame personnel du héros, actualités politiques et sociétales contemporaines et sentiment anxiogène propre à notre époque. Une perception que nous avons tous ressentie ponctuellement ces dernières années…Pour faire face à tout cela, le commissaire de police Mélo, le surnom d'Ambroise Lescendre, joue du violoncelle dans un quintette amateur, assurant régulièrement des concerts de Cournon à Foix. La sensibilité du musicien est palpable à chaque ligne, l'auteur prenant le temps de la retranscrire avec une sobre justesse à chaque fois que le policier s'empare de son archet après une journée de boulot. Mais cette sensibilité n'est pas que d'ordre musical : nous rencontrons Mélo au célèbre Festival du court-métrage de la ville, le héros se baladant aussi régulièrement dans les salles d'exposition du Musée d'Art Roger Quilliot, proche de son quartier natal de Montferrand, ou savourant parfois un concert à l'Opéra-Théâtre près de la place de Jaude. Quel bel hommage de la part de l'auteur à la ville qui lui a accordé une bourse et une résidence d'écriture pour ce livre !
Cette sensibilité, sera capitale pour résoudre l'enquête qui taraude Mélo durant des années. Un tueur en série ? Un membre radicalisé d'un mouvement écologique officiellement pacifiste ? Le lecteur suit les réflexions du héros sans s'ennuyer un seul instant tout en se promenant en Auvergne ou en Ariège selon les indices trouvés. Mais l'intrigue située à Clermont-Ferrand et l'appétence de Mélo pour la musique classique permettent aussi au lecteur de se familiariser avec le compositeur George Onslow né en 1784 et mort en 1853 dans la capitale auvergnate. Alors que son château de Bellerive a été détruit en 1991 pour faire place à une gravière industrielle aujourd'hui désaffectée, le hasard, oserons-nous dire heureux (?), fait que plusieurs meurtres se situent en ces lieux. Ce contexte criminel permet aussi une première approche de ce nouveau « Beethoven français » pour le mélomane en herbe curieux d'élucider cette affaire, cette fois-ci musicale et musicologique. Premier indice : sa discographie !