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Benjamin Millepied fait valser Barbara

Avec Du bout des lèvres, le chorégraphe a proposé en avant première sa playlist dansée de la chanteuse au public de l'Opéra de Montpellier avec l'Agora danse.

Pas de longue dame noire sur la scène, pas d'aigle noir.  a choisi de sortir du cliché tragique et sombre des chansons de pour cet hommage dansé. Il explique que ce spectacle a mis du temps à mûrir. Il y a dix ans déjà il avait envisagé d'investir cet univers des chansons de avec l'Opéra de Paris. Mais ce n'était pas le moment. Pour la plus grande joie du public de Montpellier qui a pu ainsi se laisser prendre par la main par les neufs danseurs choisis par . Chacune des cinq danseuses nous fait vivre les instants de ces chansons immortelles que l'on retrouve avec joie, ou que l'on découvre ou redécouvre selon les titres.

De Göttingen à Nantes, en passant par Une petite cantate, Du bout des lèvres, Drouot, Gare de Lyon et même La Marche nuptiale (piquée joliment à Brassens), en 24 titres ce voyage dans le répertoire de Barbara nous rend tout à la fois joyeux, nostalgiques, ou amoureux.

Difficile de choisir dans cette liste les instants marquants. Si Göttingen et Nantes font l'objet de danses chorales, la plupart des titres sont incarnés par des danses de couples. Ainsi le duo de Sans bagages ne se lâche pas de toute la chanson sur cet amour toujours attendu. Souvent au fil des mélodies revient la valse qui emporte les couples de danseurs.

Benjamin Millepied accompagne chaque femme par un homme, comme pour évoquer ceux passés dans la vie de Barbara. Et puis il y a les solos, comme celui, très émouvant, de dans La Solitude, ou celui d' dans Je ne sais pas dire. Un duo masculin donne de la légèreté et de l'espièglerie à Si la photo est bonne, proche de la comédie musicale. Mais pourquoi vouloir comparer chaque séquence ? Comme dans un récital, le spectateur passe d'un état à un autre au fil des chansons, au fil de la danse.

a choisi pour la scénographie un espace blanc clos de rideaux frangés derrière lesquels apparaissent et disparaissent les danseurs. Les lumières franches de accompagnent chaque titre de jolis monochromes. Rien de sombre ou de descriptif dans ce spectacle.

Dans un autre temps, avait choisi dans son évocation de donner une véritable présence scénique à son amie Barbara. Benjamin Millepied, lui, a ouvert sa propre boîte à souvenirs des chansons écoutées avec ses parents et la partage avec légèreté et douceur avec le public. Il offre ainsi à chacun le plaisir de construire son histoire avec la grande dame éternelle de la chanson française.

Crédits photographiques : © Maria-Helena Buckley

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