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Silvia Gribaudi, l’Italienne décomplexée aux Abbesses

Dans le cadre de Chantiers d'Europe, le Théâtre des Abbesses accueille deux spectacles de la chorégraphe italienne , habituée des lieux. Suspended Chorus, un solo, autoportrait sans complexes, et Amazoni, un bondissant quintette féminin.

Les spectateurs du Théâtre des Abbesses connaissent désormais bien , régulièrement invitée à Paris pour des solos ou des spectacles collectifs. Ils se sont familiarisés avec cette vision décomplexée des corps et la dimension participative et chorale de ses spectacles comme Grand jeté ou R.OSA.

C'est à nouveau le cas avec Suspended Chorus, solo de et avec où elle se livre sans fards, dans un mélange de simplicité décomplexée et de performance partagée avec le public. Elle n'hésite pas, par exemple, à solliciter celui-ci pour l'aider à escalader le gradin, lui tendre un jupon de tulle ou à jeter des fleurs dans une image inspirée du ballet romantique. Émouvante et sincère, elle donne à voir son corps de femme d' « un peu plus » de cinquante ans, encore souple et mal contenu dans le Lycra de sous-vêtements chair ou un ensemble short et coupe-vent blanc peu seyant.

Pendant une petite heure, la chorégraphe et danseuse alterne avec bonheur des adresses au public, qui joue pleinement le jeu en répondant à ses questions ou en vocalisant les différentes séquences d'une chorégraphie réalisée sous nos yeux, et des séquences purement chorégraphiques. Car ce sont les parties dansées, dans lesquelles elle dépense une énergie intense, sur de la musique techno et dans des effets de lumière stroboscopique, qui donnent pleinement l'élan à ce solo bien ficelé. Preuve que la danse reste souveraine et plus durable que la performance !

Dans Amazoni, un quintette féminin sur le thème des amazones, la relation au public est beaucoup moins évidente, du moins dans la première partie répétitive et un peu anesthésiante, en raison d'une musique électronique nappante. Ce n'est que lorsqu'elles mettent des mots au micro sur la vision de la femme que ces cinq amazones entrent en communication avec le public qu'elles interpellent. Ce sont d'ailleurs les mêmes spectatrices que lors de la première pièce qui répondent.

Chacune illustre tour à tour différentes facette du féminin, d'ingénue à garce, de sorcière à prostituée. L'une joue la nymphomane tandis que l'autre raconte la difficulté d'être à la fois danseuse et jeune maman. Si la qualité d'exécution n'est pas toujours homogène, ces danseuses de caractère font à la fois preuve d'envie et de détermination à être en scène. L'ensemble, assez brouillon, est quand même desservi par une musique horripilante.

Crédits photographiques : © Andrea Macchia

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