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Le collectif ÈS fête son départ de la Maison de la danse

Depuis trois saisons le a dessiné un parcours d'artistes associés avec la Maison de la danse à Lyon. Pour conclure cette histoire, il a offert une soirée festive intitulée Cosmologie au public lyonnais. 

Les trois membres fondateurs de ce collectif se sont rencontrés lors de leurs études de danse au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse, le CNSMD de Lyon. Voila pourquoi en ouverture de soirée ils ont proposé aux jeunes danseurs du CNSMD un exercice dans l'esprit de leur démarche dans le studio J. Donn de la Maison de la danse. 

Mais le temps principal de cette carte blanche d'au revoir a pris la forme d'une reprise augmentée de leur première pièce collective Jean-Yves, Patrick et Corinne (2017). Voici une histoire à trois qui se décline à cinq. Autrement dit une variation de trios pour laquelle cinq danseurs se révèlent interchangeables. La consigne de base est déclamée au début de la prestation : à la question « comment produire de la danse ? « , la réponse serait : « faire original, nouveau et authentique. » Et nous ajouterions : « débrouillez vous avec cela ! »

Les danseurs développent une phrase chorégraphique en trio. Une danse-contact, sans jamais se lâcher. Cette séquence se répète un long moment mais les combinaisons des danseurs changent à chaque fois, avec une grande fluidité. Toujours la même et jamais tout à fait pareil. Les danseurs regardent le public comme pour dire avec un petit sourire : « vous voyez ce qu'on arrive à faire ? «  Les équilibres paraissent incertains, les combinaisons des corps très emmêlées. Ils sont à deux doigts  de faire des nœuds de leurs membres dans un certain désordre. Mais les jeux de portés soulignent la précision de ces évolutions.

Pour assaisonner ce vocabulaire chorégraphique, le collectif plonge comme à son habitude dans la discothèque des parents. On a vu le même principe dans leur pièce About Lambada. Et voilà le disco kitsch des années 70 et 80 qui fait « boum boum » sur la scène.

A tel point que la seconde partie du spectacle nous entraine dans l'univers de Véronique et Davina de Gym tonic ou des pom pom girls and boys des bords de terrains de sport américains. L'ambiance peut déraper avec notamment un succulent trio pincé-tiré où les danseurs se saisissent à la volée, de la peau ou d'un bout de vêtement de leurs partenaires pour s'entrainer dans une évolution au plus près les uns des autres. Des moments arrêtés viennent ponctuer la séance gymnique pour engager le public à écouter ensemble les tubes qui s'enchaînent sur le plateau. Parmi les incontournables du juke box : , ou dont My Way est un rien explosé musicalement et chorégraphiquement. 

Effet garanti sur le public plutôt jeune et dans le même univers vintage que le . Tous debout en fin de spectacle prêts à danser pendant la troisième partie de cette carte blanche avec un Karaodance. Une sorte de « party » festive, hybride et participative dans laquelle se mêlent danse, vidéo et karaoké. Un moment qui ne se prend pas au sérieux mais qui a le pouvoir d'entraîner le public. De la scène à la piste de danse, le temps d'une fin de soirée, le élargit ses effectifs à l'ensemble du public. Avant de repartir au Centre Chorégraphique d'Orléans, où il est installé depuis un an, il a semblé dire d'une belle façon en chanson « Never Can Say Goodbye »  comme le chante . 

Crédit photographique : © Jean-Louis Fernandez et Romain Etienne

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