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Sosarme, rareté lyrique en disque

Mêlant une carrière entre le chant lyrique et la direction d’orchestre, entre Dolce Vita et opéras baroques, s’attaque aujourd’hui à la baguette, à une rareté d’un compositeur pourtant bien connu. Haendel, après son triomphe dans Poro et avant Orlando, compose en 1732 Sosarme, re di Media.

Sans parler de redécouverte, Sosarme, re di Media d’Haendel n’arrive pas facilement aux oreilles des auditeurs actuels. Anthony Lewis en 1954, Johannes Somary en 1994, Alan Curtis en 2005… Tous ces enregistrements sont aujourd’hui introuvables. Quelques chanceux ont pu entendre l’ouvrage au Festival de Halle en 2016 mais celui-ci reste pourtant largement absent des scènes lyriques de notre époque. En 2024, le ténor et chef d’orchestre était à la tête d’une version de concert donnée au salon d’Hercule du Château de Versailles et dont ce disque est l’enregistrement.

Pourtant, Haendel, cherchant à s’adapter à son public, fait preuve d’une formidable efficacité dans cet opera seria en trois actes : intrigue pleine de péripéties où amour et conflit familial se mêlent, récitatifs resserrés et structure allégée, quelques beaux airs et duos qui vont à l’essentiel parsemés de vocalises techniques… Sur cet enregistrement les pistes de lecture sont très courtes, découpées selon les airs et les récitatifs et non les scènes, pourtant nombreuses et suffisamment brèves pour un découpage technique conventionnel ne gênant pas une écoute continue.

L’orchestre manque ici d’ampleur, de couleurs et de relief. Est-ce le choix de l’effectif de vingt-six musiciens, une prise de son privilégiant les voix, ou un manque de profondeur théâtrale convaincante de la direction musicale qui est en cause ? Pourtant, ne semble pas être dépourvu d’énergie à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Royal qui parait bien discret malgré un continuo varié.

La distribution vocale en revanche tient bien plus ses promesses. Le ténor convainc sous les traits d’Haliate, particulièrement avec son aria féroce « La turba adulatrice da me ritri’l piè. » Dans le rôle-titre, sait mener des vocalises précises et raffinées. Porté par un agréable legato, son chant devra encore gagner en consistance pour détenir l’aura du médiateur Sosarme. Le soprano de (Elmira) est idéal pour mettre en lumière la fraicheur de son personnage, son agilité dans les vocalises (« « Vola l’augello del caro nido », Acte II, scène 14) et la simplicité de son aria « Rendi’l sereno al ciglio » (Acte I, scène 2) alimentent cette impression heureuse. De l’autre côté du miroir, sa sombre mère, épouse du roi Haliate, est remarquable sous les traits d’Eléonore Pancrazi qui provoque une grande émotion dans son lamento « Cuor du madre » (Acte III, scène 3) où l’ampleur vocale et la chaleur du timbre font merveille. campe un Melo plein de justesse, fort d’une diction soignée tandis que le superbe timbre du contre-ténor (Argone) se fait remarquer dans un rôle pourtant dépourvu d’aria ; (Altomaro), quant à lui, impressionne par ses extrêmes graves sonores (« Fra l’ombre e gl’orrori farfalla confusa », Acte I, scène 5).

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