Troisième album jeunesse sur la danse destiné en particulier aux jeunes vivant en Outre-mer, Moi aussi je danse le classique est aussi la jolie histoire d’un coup de cœur pour le classique de la part d’un jeune garçon de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.
« En allant chercher sa petite sœur au Tropic Ballet, Alex, 11 ans, a un coup de cœur : lui aussi, il veut prendre des cours de danse. Parce que le classique, ça n’est pas que pour les filles ! » C’est ainsi que l’éditeur résume en quatrième de couverture l’histoire du jeune Alex, qui découvre par hasard la danse classique. La préface de ce troisième volume d’une collection d’albums jeunesse qui raconte la danse en images pour les enfants d’aujourd’hui est signée de la première Étoile métis du Ballet de l’Opéra de Paris, Guillaume Diop. Un exemple pour tous les petits garçons qui souhaitent, comme lui, sauter le plus haut possible et se produire sur les plus grandes scènes du monde.
L’histoire d’Alex n’est pas sans rappeler celle du grand chorégraphe français Angelin Preljocaj. Alors qu’il pratiquait le judo à Champigny-sur-Marne, une amie lui avait prêté un livre sur la danse où il avait découvert une photo de Rudolf Noureev, ce qui lui avait donné envie d’essayer la danse. Ici, alors qu’il doit aller cherche sa sœur dans son école de danse, Alex s’arrête, fasciné, devant la photo d’un garçon suspendu à près de deux mètres au-dessus du sol, les jambes à l’horizontale. C’est une photo de Guillaume Diop qu’Alex est en train d’admirer…
Par une astuce narrative, le récit d’Isabelle Calabre enchaîne directement sur le récit de deux anciens élèves de l’École de danse de l’Opéra de Paris, qui racontent leur expérience à Nanterre, près de Paris. Ils parlent des cours de danse qu’ils suivent tous les après-midi, de l’ensemble des disciplines auxquelles ils ont accès, mais aussi des Démonstrations, du Défilé et du spectacle de l’école. Alex est mordu et veut essayer lui aussi la danse classique. Après lui avoir fait visionner un ballet à la télévision, sa mère l’inscrit illico à un stage d’initiation.
L’histoire d’Alex déjoue les idées reçues sur la danse, en mettant en avant l’expérience d’adolescents ou de jeunes plus âgés, qui ont pu pratiquer la danse à un niveau professionnel et en faire leur métier. Venant de Guadeloupe, de la Martinique ou de Guyane, la distance n’a pas été un frein à leur réussite dans cet art. Il est vrai que l’Opéra de Paris effectue depuis de nombreuses années un travail approfondi avec les écoles et les associations des départements et territoires d’outre-mer pour sensibiliser les plus jeunes à la danse et leur donner envie de venir poursuivre leurs études à Paris. L’institution a également formulé plusieurs propositions pour favoriser la diversité, qui commencent aujourd’hui à porter leurs fruits.
L’autrice Isabelle Calabre, journaliste spécialisée en culture et en danse, a également écrit Moi aussi je danse le quadrille et Moi aussi je danse le hip-hop, publiés chez le même éditeur. Avec un glossaire placé astucieusement à la fin, l’album permet en quelques pages d’introduire un zeste d’histoire de la danse, les principales positions du classique et de donner envie, à travers les spectacles ou les événements en public, à un jeune garçon de s’élancer dans la danse.