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A 43 ans, la basse Andrew Potter annonce arrêter l’opéra

Il chante au Metropolitan Opera, il est au faîte de sa maturité vocale. Et pourtant, à 43 ans, la basse américaine annonce dans une lettre ouverte ne plus être en mesure matériellement, avec une famille, de continuer à exercer le métier de chanteur d’opéra. Un constat implacable sur la place des artistes dans le milieu de l’opéra aux Etats-Unis.

Nous publions quelques extraits de sa lettre à lire en intégralité dans OperaWire.

Pourquoi je mets fin à ma carrière d’opéra à 43 ans

« Non pas parce que ma voix m’a fait défaut. Non pas parce que ma passion s’est éteinte. Mais parce que le secteur a échoué (…) Les chiffres n’ont jamais été au rendez-vous. Voici la vérité que tout chanteur américain en activité connaît, mais dont presque aucun spectateur n’a conscience : les cachets qui nous sont versés n’ont pratiquement pas évolué en une génération. »

« Et sur ce cachet gelé, nous payons le privilège de travailler. Nos propres déplacements, dans de nombreuses maisons d’opéra. Notre propre logement, souvent pendant cinq ou six semaines de répétitions avant de toucher le moindre cachet de représentation. Les commissions de nos propres agents, nos propres impôts dans chaque État où nous chantons, notre propre préparation.  »

« Cet automne, le plus grand opéra du monde m’a proposé de faire mes débuts sur sa scène principale – à la condition, habituelle pour ses artistes, que je finance une nouvelle fois moi-même mon logement à New York, cette fois-ci pendant Thanksgiving, Noël et le Nouvel An, loin de ma famille. Voilà l’offre. Voilà l’honneur. Et ce n’est pas le grief d’une seule basse. »

« Rémunérez les artistes selon les tarifs en vigueur aujourd’hui. Prenez en charge les frais de logement et de déplacement pour chaque contrat : aucun chanteur ne devrait subventionner votre saison en vivant d’une sous-location. Organisez les plannings en tenant compte du fait que les artistes sont des êtres humains qui ont une famille. Cessez de considérer le prestige comme une compensation ; le prestige ne paie pas un crédit immobilier ni ne console un enfant… »

« L’opéra ne meurt pas d’inutilité. Cet art est aussi vivant qu’il l’était la nuit où Verdi l’a achevé. L’opéra meurt d’autodestruction – d’un modèle économique qui consume ses propres artistes et se demande pourquoi le vivier s’amenuise. »

Photo : © https://awpotter.com/

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