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Du coeur et de l’âme pour la nouvelle création de Dalila Belaza

La chorégraphe et danseuse artiste associée pour trois ans de la Maison de la danse à Lyon, crée Un peu pour mon coeur…

D’abord une rumeur d’un orchestre qui semble s’accorder monte dans la salle. On se dit qu’un concert va débuter. Sur le plateau sept interprètes sont disposés en cercle les corps tournés vers l’intérieur de l’espace. Le dialogue va donc commencer entre eux. Point de concert mais une oscillation commune dans cette atmosphère assez sombre se met en place. Puis un chant à deux voix vient se mêler à un continuum musical de cordes. Les mouvements s’enchaînent de façon répétitive. Les cinq danseurs et les deux chanteuses sont indifférenciés. Ils tournent d’abord lentement. Leurs bras et leurs mains souvent dirigés vers le haut. Leurs regards suivent le même axe comme s’ils s’adressaient aux cieux.

Le groupe se retire dans l’obscurité en fond de scène pour laisser la place à deux solos, un masculin puis celui de . L’un et l’autre évoluent dans le cercle lumineux du centre de la scène. De cercle, il est aussi question dans leurs mouvements. Ils tournent sur eux-mêmes comme dans une danse de derviche. 

En solo ou en groupe, cette danse installe une forme de rituel. On retrouve ce travail sur les danses traditionnelles qui inspirent l’univers de . Elle en garde les caractères répétitifs qui donnent à sa danse un effet hypnotique. Le jeu est collectif mais une séquence donne plus de liberté à chacun. C’est l’occasion de repérer davantage le caractère individuel de quatre des danseurs. Ils semblent offrir les gestes qui les animent plus personnellement en leur cœur.

Sans emphase ni excès, de l’ombre à la lumière, – une lumière très travaillée et précise – les danseurs et chanteuses installent une douceur et une écoute très forte entre les interprètes et le public. Les voix élèvent les corps et les âmes. Les bras se tendent en direction des spectateurs, comme pour les inviter à entrer dans cette communauté. 

D’une générosité à une certaine spiritualité, la pièce complète ainsi par le geste, l’expression algérienne dont s’est inspirée Dalila Belaza pour le titre de son spectacle et pour lequel elle n’a retenu que la première partie. Dans sa forme complète, elle dit : Un peu pour mon cœur, un peu pour Dieu. 

De la recherche intérieure à l’expression de l’âme, ce travail choral l’emporte à la fois dans ses mouvements, sa musicalité et la beauté des images simples et apaisantes

Crédits photographiques : © Romain Tissot

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