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Lucia di Lammermoor en DVD !

Disons-le d’emblée : La vedette de cette « Lucia » filmée en direct à l’Opéra de Genova (Italie), n’est pas Lucia mais Edgardo, en la personne du ténor argentin . Il est dommage que l’on ne se soit pas préoccupé de soigner un peu mieux la distribution autour de cet excellent chanteur qui cependant n’est pas ici dans un de ses meilleurs soirs : la voix force beaucoup, il ne soigne pas toujours très bien son style et il faut attendre la scène finale pour retrouver l’Argentin dans sa forme habituelle, comme lorqu’on a pu l’entendre dans ce rôle pour la première fois au Capitole de Toulouse en 1998. Entre temps la voix a pris, l’homme aussi, beaucoup d’épaisseur au détriment de l’aisance et de la vaillance qui étaient alors phénoménales chez ce jeune ténor révélé par le Concours Pavarotti. Sa Lucia, Stefania Bondafetti, a certes les moyens du rôle mais aucun charme dans la voix, et la technique belcantiste lui échappe souvent. De même pour l’Enrico de Roberto Frontali qui ne connaît pas la nuance piano et passe en force quoiqu’il arrive. Rien à signaler pour les rôles silhouettes, pas même une bonne surprise. Il faut rendre justice au chef français qui dirige cette soirée sans poésie particulière, à la tête d’un orchestre assez routinier, d’avoir réalisé une version musicologiquement intéressante, très complète car qui ne pratiquant pas les nombreuses coupures traditionnelles

Le spectacle ne manque pas d’atouts avec un joli paysage de lande écossaise et des panneaux coulissants permettant de passer des extérieurs aux intérieurs sans perte d’unité. Mais que la direction d’acteurs de est traditionnelle dans le mauvais sens du terme : beaucoup de statisme et de personnages laissés à eux-mêmes ! Les plaids aux tartans des Ashton et des Ravenwood sont un élément important de cette mise en scène : exhibés, pliés, dépliés, on finit par comprendre que la scène se passe en Écosse… Il faut ajouter que le spectacle n’est pas particulièrement bien filmé et rend mal justice à la mise en scène montrant des détails inutiles, voire ridicules comme les gros plans sur la dépouille mortelle de Lucia au moment où elle cligne des yeux !

La filmographie sur DVD de Lucia di Lammermoor en italien, à l’image de celle du belcanto romantique en général, n’est pas riche car, hormis une version très recommandable du Metropolitan Opera de New York avec Joan Sutherland et Alfredo Kraus des années soixante-dix (Pioneer USA) non disponible en Europe, et une version filmée à l’Australian Opera de Sydney de 1986 avec Sutherland et Richard Greager (Arthaus Musik) il n’y a guère de version récente à opposer à cette version d’attente de cet opéra de Donizetti.