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Nikolaj Znaider et l’orchestre national de Belgique

dans toute sa splendeur

Ce soir, nous retrouvons un musicien qui avait fait forte impression lors du Concours Reine Elisabeth en 1997 avec son fougueux Concerto pour violon de Sibelius – exécution qui lui avait valu la première place du concours. Depuis lors, il continue sa carrière avec des orchestres tels que le Chicago Symphony Orchestra, le New York Philharmonic ou le Berliner Philarmoniker ; Gergiev et Jansons font partie de son carnet d’adresses. En 2002, le danois enregistra le Concerto pour violon et orchestre de Glazounov, le Concerto n°2 de Prokofiev ainsi que la Méditation de Tchaïkovski.

Tout comme Glenn Gould l’était avec son éternelle obsession de la recherche de la meilleure position des mains, des épaules ou de sa chaise, Nikolaj Znaider est en perpétuelle recherche du meilleur violon et continue à examiner comment extraire le meilleur de chaque instrument. Son violon, le Stradivarius « ex-Liebig » lui est prêté par le Théâtre royal du Danemark. Ce géant du violon, autant par sa taille que par son talent, nous propose une version du Concerto de Mendelssohn très intimiste, sans jamais avoir recours aux effluves romantiques que l’on connaît parfois dans de nombreuses interprétations. Znaider explore toutes les facettes du phrasé et multiplie les couleurs dans le second mouvement. Sa notion de nuances pousse les auditeurs à la plus grande attention, et le violoniste nous offre une interprétation en osmose avec qui tient l’Orchestre National au bout de sa baguette.

Après ce moment de méditation, nous retrouvons un monument du répertoire symphonique allemand : Eine Alpensinfonie de . Cette composition nécessite une formation orchestrale pharaonique : deux harpes, une vingtaine de cors, une batterie de cuivres et percussions, à faire trembler les murs de la salle, renforçant le côté excessif de ce poème symphonique. Cette œuvre revient, plus de dix ans après Eine Heldenleben.Le plan de la symphonie épouse un vaste crescendo-decrescendo qui permet tous les effets géographiques et météorologiques le rendant ainsi plus proche du poème symphonique – composée d’un mouvement – que de la symphonie. Cette Symphonie Alpestre emprunte néanmoins à cette dernière sa structure en quatre mouvements, selon une symétrie conforme au « programme » de la randonnée : nuit et lever du soleil ; ascension ; sur les cimes ; descente puis retour de la nuit.

arrive à tirer le meilleur de son orchestre et illustre bien les vingt-deux épisodes qui structurent la partition, et qui s’enchaînent de la nuit à la nuit. Toute la palette de nuances et de couleurs est reproduite : les vents sont précis et trouvent leur place dans l’équilibre sonore de l’orchestre, malgré les quelques assauts lancés par les cuivres. Une partie des cors se trouvent dans les coulisses et accentuent pour certains passages, l’effet d’écho recherché dans l’œuvre.

Pour les intéressés, voici les vingt-deux épisodes : 1. Nuit, 2. Lever de soleil, 3. La montée, 4. Entrée dans le bois, 5. Promenade le long du ruisseau, 6. A la cascade, 7. Apparition, 8. Dans les prairies en fleurs, 9. Sur les pâturages, 10. Errance à travers fourrés et taillis, 11. Sur le glacier, 12. Moments dangereux, 13. Au sommet, 14. Vision, 15. Le brouillard monte, 16. Le soleil s’obscurcit peu à peu, 17. Élégie, 18. Calme avant la tempête, 19. Orage et tempête, 20. Descente, 20. Coucher de soleil, 21. Derniers reflets, 22. Paix, nuit.

C’est un concert tout en nuances et haut en couleurs que nous offre l’. Malgré un enthousiasme débordant pour le concerto, le public est resté réfractaire à cette vision magistrale de Eine Alpensinfonie.