ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Jean-Louis Agobet, itinéraire symphonique

Après un cycle complet d’études de composition (CNSM de Lyon avec et stage d’informatique à l’IRCAM) couronné par un séjour à la Villa Médicis où il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1996 à 1998, , en pleine possession de son métier, obtient une première résidence à l’Orchestre National de Montpellier de 1998 à 2000 puis à l’ d’Octobre 2001 à Juin 2004. Les quatre pièces enregistrées dans ce disque rendent compte de ce travail fructueux et durable avec les deux formations orchestrales et affirment un style d’écriture qui semble bien trouver son plein épanouissement au sein des sonorités de l’orchestre. Agobet avoue sans hésiter que « c’est son instrument préféré » qu’il aime cependant associer à un ou plusieurs solistes : trois œuvres sur quatre ici sont concertantes.

Génération (2003), sous-titré « Concerto grosso pour trois clarinettes et orchestre » est conçu comme un duo entre l’ensemble des solistes et l’orchestre selon le modèle du XVIIIème siècle. Mais la ressemblance s’arrête là. Avec un sens très personnel de la dramaturgie sous-tendue par une énergie constante, exerce son inventivité créatrice avec une liberté du geste et une jubilation des timbres sollicitant une écoute attentive et toujours à l’affût. La présence de solistes tel que , et en dit long sur l’excellence de l’interprétation.

Phonal (1999-2000) est une pièce d’orchestre écrite « sur mesure » pour l’orchestre National de Montpellier au terme des deux années de résidence du compositeur. Regorgeant de vitalité, d’effets de surprise et de fins alliages de couleurs, l’œuvre témoigne d’une aisance et d’une virtuosité d’écriture mises au service d’une dramaturgie donnant au discours son sens et sa nécessité.

Dans Feuermann – hommage au violoncelliste virtuose Emmanuel Feuermann et à son Stradivarius – c’est le violoncelle qui affronte l’orchestre avec l’ardeur et le relief que suggèrent au compositeur les potentialités de cet instrument fabuleux. Ponctuée de cadences « musclées », cette courte pièce, conçue comme un premier mouvement d’un concerto à venir qui en comptera trois, est une musique « d’humeurs », pleine d’énergie et de soubresauts nerveux où s’affirme un tempérament bien trempé.

Ritratto concertante, « portrait concertant », (2000) ramène le dispositif concertant du piano et de l’orchestre sans pour autant revenir au genre traditionnel du concerto. Le piano (confié à ) en est la figure centrale qui génère le matériau sonore répercuté, amplifié voire transformé par les sonorités de l’orchestre. Le traitement de l’écriture sollicite la brillance du jeu pianistique communiquant à l’orchestre son énergie et ses fulgurances : une œuvre où s’exprime la forte personnalité d’un compositeur dont cet enregistrement nous fait apprécier le cheminement original et toujours très prometteur.

Saluons enfin l’excellence de la prise de son restituant à merveille l’espace acoustique de chacune des œuvres enregistrées et rappelons à toutes fins utiles que ce disque fut primé « Enregistrement de l’année » aux dernières Victoires de la Musique Classique.