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Beethoven : Symphonie n°7 et Triple concerto

Près de vingt ans après son intégrale chez Philips (fruit de son travail avec l’Orchestre du Concertgebow), entreprend de porter à nouveau au disque les symphonies de Beethoven. Le label autoproduit du nous propose ici la bouillonnante Symphonie n°7 dans son édition Bärenreiter. Version critique donc, confiée à un effectif conséquent (chez les cordes, on peut compter dix violoncelles et neuf contrebasses…) tandis que de nombreuses formations s’essaient actuellement à jouer Beethoven en réduisant le nombre de leurs musiciens. Curieux disque que celui-ci, nous proposant un Beethoven à la sonorité aride. La sèche acoustique du Barbican Center de Londres ne peut constituer la seule justification de ce résultat, les précédents disques LSO Live enregistré en cette même salle ayant convaincu nos collègues de leurs qualités techniques. Ce son si typé, ce manque de relief ont tendance à tromper l’oreille sur la qualité de l’interprétation. La lecture d’Haitink est ici d’une rigueur absolue, le chef ayant en mains un orchestre incroyablement discipliné. La qualité d’écoute entre les différents pupitres est stupéfiante et la musique, sous des tempi assez rapides, prend un caractère quasi-martial encore renforcé par cette prise de son et des traficotages au pupitre de mixage nous imposant des timbales par trop présentes. En se concentrant sur une rythmique quasi métronomique, Haitink ne parvient pas à transcender les dynamiques de cette partition, qui auraient pu apporter à ce travail que l’on perçoit soigné la fantaisie, l’exubérance que l’on attend dans cette œuvre. Autre regret dans cette lecture : l’incohérence de l’ensemble. En précipitant les tempi dès le premier mouvement, l’allegretto (liquidé en seulement 7’41’’!) perd toute saveur. Le drame ne parvient pas à s’installer et les troisièmes et quatrièmes mouvements n’enrichissent pas le discours énoncé au tout début de la symphonie.

Le Triple concerto viendra consoler l’auditeur et clore ce disque sur un lumineux moment musical où Haitink porte ses trois solistes dans une interprétation alliant grâce et élan. Le violon quelque peu maniéré de Gordan Nikolitch répond au toucher velouté de . Le violoncelliste Tim Hugh nourrit le largo tout en retenue, avant d’introduire l’ultime rondo où violon et piano, sous la baguette d’Haitink matérialisent toute la finesse, toute la joie présente au cœur d’une partition préférant la simplicité au spectaculaire et nous rappelant les plus belles émotions suscitées par des pièces comme la Symphonie concertante de Mozart qui avait uni l’alto et le violon.