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Le phénomène Anja Harteros

L’édition de cette Traviata est un hommage au mandat du chef d’orchestre à la tête de l’Opéra de Munich. Arrivé en 1998 dans la fosse du Nationaltheater, Mehta se sera surtout limité à l’exploration de Verdi, de Wagner et de quelques opéras allemands.

Ce disque, enregistré lors d’une série de représentations en mars dernier, marquait sa dernière confrontation munichoise avec le célèbre opéra de Verdi. Mehta est un fidèle de la partition qu’il a déjà enregistré par deux fois avec des casts de stars (Kiri Te Kanawa pour Philips et José Cura pour Teldec). Sa direction est probe, soignée, attentive au chant, très haute couture, mais un peu avare de flamme alors que le toujours inspiré orchestre de l’Opéra de Bavière suit avec attention et perfection son directeur musical.

La distribution est un beau témoignage de ce que l’on peut rencontrer actuellement sur une grande scène internationale. Initialement prévue pour ce disque, mais indisposée, l’exceptionnelle Margirta De Arellano, se voit remplacée par l’aussi charismatique , l’une des étoiles montantes du chant allemand. Son superbe timbre et sa technique très sûre lui permettent de se jouer des difficultés du premier acte, tandis que l’incarnation de la fragilité du personnage est optimale dans les deux derniers. Avec un chant impeccable et un engagement dramatique total, la chanteuse s’affirme indéniablement comme l’une des plus grandes Violetta de son époque dont le chant s’avère techniquement plus parfait que celui de Patricia Ciofi et Anna Netrebko pour la comparer avec deux autres assez jeunes chanteuses fidèles à ce rôle. Son Alfredo est un autre jeune talent, Piotr Beczala. Si la conduite du chant est convenable, le timbre n’est pas des plus séduisant et le chanteur est bien avare de charisme. Internationalement distribué dans les rôles de baryton italien, n’est jamais apparu convaincant. Le timbre n’est pas inintéressant, mais ce chanteur assez engorgé se sent obligé de faire de curieux effet avec son texte, ce qui est vite lassant. Les comparses sont convenablement tenus mais sans grand génie par des membres de la vaste troupe de l’opéra de Munich.

Dans un contexte discographique pléthorique, on espère que cette Traviata, hélas inégale, trouvera une petite place, ce qui ne sera que justice pour la formidable incarnation d’. Notons également la belle esthétique de ce coffret et la qualité de la prise de son.

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