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Günter Wand et Bruckner, agréable à l’oreille et médiocre à l’œil

Regarder diriger ne constitue pas un spectacle particulièrement affriolant. Cette appréciation n’altère en rien la qualité de l’interprétation du grand chef d’orchestre allemand récemment disparu. Dans ce répertoire qu’il connaît parfaitement bien, il dirige ses troupes avec autorité, précision et amour de cet art musical servi avec talent pendant de nombreuses décennies.

L’Orchestre symphonique de la NDR joue la Symphonie n° 5 de Schubert et la Symphonie n°1 de Brahms presque les yeux fermés… si l’on peut dire. Les pupitres sont tous excellents et répondent idéalement tant aux notes de la partition qu’aux injonctions aimables mais fermes du vieux chef dont la tenue et l’énergie ne laissent d’étonner. L’orchestre apparaît à l’image de manière tout à fait conventionnelle mais il faut bien reconnaître que les possibilités cinématographiques de ce type de documentaire demeurent extrêmement restreintes.

Il a bien sûr été noté, toutefois, que l’association du son et de l’image vectorisait nombre de spectateurs vers une dégustation plus intense, sachant que le seul enregistrement a du mal à intéresser et plus encore à exciter la curiosité voire à fidéliser le novice en ce domaine. Cette représentation orchestrale filmée provient d’une soirée du Festival de musique du Schleswig-Holstein 1997. Schubert, dont Wand commença à diriger l’Inachevée dès 1949, à Cologne, compte régulièrement, on s’en convainc lors du visionnage, parmi ses compositeurs de prédilection. Si son engagement en faveur du cycle d’ lui apporta, et, c’est tout à fait justifié, un regain de popularité internationale, sa passion et sa fidélité pour Brahms remonte également au début de sa longue et brillante carrière.

En dépit de quelques baisses momentanées de tension, la Symphonie n°1 en do mineur de son compatriote, brille de mille feux communicatifs. Un spectacle agréable à l’oreille et médiocre à l’œil.

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