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Le Chevalier à la rose

Il est peut-être né en Bavière mais c’est bien l’art de l’Autrichien Mozart que habite après s’être abreuvé aux sources du post-romantisme. Non sans succès d’ailleurs ! Avec l’écriture du Chevalier à la rose (1911) il abandonne les satisfactions d’une auto-glorification pour décider de se complaire au sein d’un art, à ses yeux immortel et porteur de valeurs éternelles.

Des succès innombrables accompagnèrent la métamorphose qui aujourd’hui encore rendent compte de la gloire posthume du compositeur allemand. Le Chevalier à la rose, non sans raison évidemment, cristallise les regards et les passions de nos contemporains. On en jugera l’exactitude au nombre des versions DVD disponibles.

A titre d’exemples, rappelons les prestations de qualité fournies par (nous énonçons successivement le chef d’orchestre, le metteur en scène, le label, l’année de l’interprétation) John Neschling/Pier Luigi Pizzi/Brillant/1998 ; Georg Solti/John Schlesinger/Warner/1985 ; Franz Welser-Möst/Sven-Eric Bechtolf/EMI/2004 ; Carlos Kleiber/Otto Schenk/DG/1979… Présentement, la version dirigée par et mise en scène par dans le cadre du Festival de Salzbourg 2004 a soulevé des réactions intenses et contradictoires. Certes les tenants de la tradition n’y ont pas trouvé leur compte, pas plus d’ailleurs que les partisans de l’iconoclasme intégral.

Les personnages principaux ont également perdu, partiellement, leurs caractères premiers, ainsi la Maréchale subtile de Pieczonka a-t-elle abandonné la grande classe élitiste du personnage originel au profit d’une vie d’aisance et de décadence. Les autres personnages redoublent d’investissement et donnent corps à cette histoire début de siècle, justement dressée et dessinée par l’habile et stimulant Hugo von Hoffmanstahl, dont ce maelström ressuscite sous nos yeux une société bientôt décortiquée par le psychanalyste Freud.

Le visionnage de ce spectacle nous convainc malgré tout, au-delà de certaines outrances et banalités évitables, de la logique des choix opérés. L’ se délecte à l’évidence de l’opulence orchestrale de et assure un riche lien, indispensable, entre tous les éléments constitutifs de l’opéra. Bychkov mène la danse de bout en bout et sert avec délice et poli les volontés du compositeur qui, après avoir donné Salomé et abandonné l’opéra lyrique post-romantique, confia : « Maintenant, je veux écrire un opéra de Mozart ». C’est exactement ce qu’il réalisa et ô combien génialement. Et cet objectif ambitieux et magistral ne saurait être terni par quelque mise en scène que ce soit. Mission accomplie donc… dans l’ensemble.