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Mozart short cuts, l’esprit libre

Après Paris (voir l’article de Michèle Tosi) et Caen, Mozart Short Cuts a enchanté la MC2 de Grenoble. Salle comble pour cette production qui a déjà conquis le public parisien. La qualité des choix artistiques et des prestations vocales a déjà été évoquée sur ce site, et s’est vue confirmée ce 16 novembre à Grenoble. Inutile donc de développer outre mesure sur l’enchantement vocal, l’énergie et la précision instrumentales, sous la baguette de . Evoquons plutôt la fantaisie, l’humour, l’énergie de la mise en scène de ce spectacle. D’aucuns estiment que pour rendre hommage à un maître du passé, il faut se préserver des anachronismes et des digressions presque insolentes. Il est vrai que certaines mises en scène d’opéra qui prennent le parti de placer les personnages dans un contexte actuel ne présentent que peu d’intérêt. Cependant, d’autres ont largement prouvé que l’essentiel, finalement, n’était pas les choix de costumes et de décors, mais plutôt leur cohérence dans une démarche artistique globale. De plus, il ne s’agit pas ici d’un opéra, mais bien d’une création originale à partir d’extraits d’opéras de jeunesse de Mozart. Si l’aventure peut surprendre, voire choquer les puristes, elle n’en reste pas moins un magnifique hommage au compositeur, et surtout laisse la porte ouverte à bien des libertés de mise en scène. Ainsi, le décor représente un hôtel dans le style des années soixante – formes, couleurs et lumières à l’appui. De même, les airs fredonnés par les protagonistes en coulisse, ou lorsqu’ils s’attellent à l’entretien de l’hôtel, ne sont pas de Mozart ; les pas de danse esquissés sont tout ce qu’il y a de plus actuel, plus exactement des plus folklorique ou caractéristique des années 60-70. Il y a ces fenêtres rondes sur lesquelles s’assoient les deux amoureux lorsqu’ils chantent leur duo, scène qui n’est pas sans rappeler Grease ; il y a ce personnage androgyne – la mezzo-soprano , magnifique – qui se glisse sur la scène armé d’un revolver tel les meilleurs James Bond. Du personnel de service qui époussette en harmonie avec les rythmes et mélodies de l’orchestre, à la couverture de survie qui recouvre le corps du Comte (Tuomas Katajala) agonisant, toutes les fantaisies sont permises. Et si la lecture de ce compte-rendu pourrait faire craindre une mise en scène utilisant la musique de Mozart comme simple prétexte à un amusement théâtral, il n’en est rien : on en ressort avec la sensation d’avoir entendu une musique magistralement mais simplement interprétée, dans le plus pur esprit enjoué de l’époque. Magnifique hommage, dont on ressort léger.

Crédit photographique : © Cité de la Musique, Paris

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