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Le maître dans son jardin ?

Suite à une nouvelle défection de son directeur musical Mikko Franck, officiellement non encore rétabli de ses problèmes de santé, l’ a eu la bonne idée d’inviter le rigoureux et compétent pour diriger l’un des sommets de la littérature orchestrale du XXe siècle : la Turangalîla-Symphonie d’. Cette partition est l’une des signatures du chef d’orchestre français qui en a assuré de très nombreuses exécutions à travers le monde. Fidèle de l’Orchestre Nationale de Belgique avec lequel il a dirigé de très beaux concerts (lire ici notre chronique), le musicien place sa lecture sous le signe des couleurs et de la lisibilité des phrases et des textures. Pas de machine à décibels, ni de maniérisme dans cette lecture construite avec clarté et logique. Le travail sur les lignes des vents est très beau alors que Rophé est très attentif aux dynamiques, ainsi l’imposant final commence assez modérément pour exploser au fur et à mesure.

Galvanisé par l’escalade d’un tel monument du répertoire (que l’on ne joue pas si fréquemment) et devant une salle presque comble, les musiciens de la phalange nationale donnent le meilleur d’eux même : les vents en particulier (clarinettes et bassons) sont chatoyants et lumineux alors que les percussions sont déchaînées. Cependant, il manque du coffre à cet orchestre dont les cordes apparaissent quelque peu à la traîne. Les cuivres sont précis mais dans certains passages comme Joie du sang et des étoiles, ils sont un peu brouillons. Assurant la redoutable partie de piano, l’excellent se sert de son clavier comme un instrument de percussion éclatant. Rien à redire sur , spécialiste mondiale des ondes Martenot qui assure de mémoire ses interventions – tout comme à Paris sous le direction d’Ingo Metzmacher.

Cette partition jubilatoire qui soulève toujours l’enthousiasme du public fait partie maintenant des « grands » classiques.

Crédit photographique : © Katie Vandyck

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