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Anna Kasyan et Philippe Do, récital enthousiasmant

Dans le cadre informel de la salle Molière de l’Opéra Comédie, fait une entrée réussie avec l’air « dunque i lacci d’un volto ». Le ton est donné : récital ou non, tout sera joué, vécu, interprété. Dans Haendel et Mozart, la soprano est habile à vocaliser, même si la souplesse peut encore être travaillée ; petite réserve qui disparaît totalement pour la cavatine de Rosina « Una voce poco fa », au legato et aux trilles parfaits. Son partenaire est d’aussi bon niveau. éblouit radicalement, et tout particulièrement dans le répertoire français, plus que chez Donizetti, par exemple. Son Pylade (unis dès la plus tendre enfance) est illuminé d’un timbre solaire et son Des Grieux est en tous points parfait. Juste et sobre, le ténor convainc la plupart du temps dès les premières notes et possède un phrasé superbe. L’instrument d’, riche et bien utilisé, est très prometteur. La soprano survole l’ensemble du répertoire, de Haendel à Massenet, en passant par les voltiges belcantistes et le chant mozartien. Tout cela avec une facilité qui ne cache pas un travail rigoureux. On se prend à se demander quel serait son meilleur emploi, car Adina et Rosina, ce n’est quand même pas tout à fait la même chose ! Peut-être un soprano lyrique pur car le médium est bien plus riche et beau que l’extrême aigu, tantôt bien soutenu, tantôt strident. Sa Manon est fascinante, expressive, candide et charnelle, et servie par une prononciation du français plus qu’honorable. Un air pour chacun, un ensemble en duo, et l’on croit totalement à leur interprétation de Massenet, qui fait forte impression sur le public ! Les chanteurs sont idéalement accompagnés par , qui les soutient efficacement, et offre en intermède une virtuose Campanella de Liszt.

Quatre bis pour ce récital : interprète avec chaleur El dia que me quieras de Carlos Gardel. Mutine, très à l’aise face au public avec qui elle s’amuse, Anna Kasyan excelle dans L’amour masqué ( j’ai deux amants ) de Messager, avec juste ce qu’il faut d’accent latin pour rajouter encore à son charme tout en conservant un français tout à fait intelligible. Philippe Do lui succède avec Le Pays du sourire de Lehar, en allemand, pour une fois ! Elégance et puissance d’un ténor qui n’en finit plus de nous surprendre… et le récital se conclut avec un extrait de la rare Pomme d’api d’Offenbach, ou Anna Kasyan fait preuve d’agilité, de précision et de drôlerie.

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