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Thomas Hauert et Luis Naón invités d’honneur au Festival Agora

Deux créations mondiales et une création française au programme de cette soirée de pièces courtes, placée sous le signe de la musique et de la danse.

, chorégraphe suisse et , compositeur argentin, en sont les invités d'honneur autour d'un trio d'interprètes d'exception : , et .

Le genre « étude », que celle-ci soit musicale ou chorégraphique, associe prouesse technique et virtuosité. Première et brillante démonstration avec la Sequenza VI de interprété par l'altiste , zen et décontractée. Place à la danse, ensuite, avec les deux premières parties de la création de , pour lui-même et Chrysa Parkinson. Comme l'on jouerait d'abord la main droite, puis la main gauche, pour déchiffrer un morceau au piano, Parrallallemande comporte trois parties. Un solo de chaque danseur sur une interprétation à la trompette, puis au violon, de l'Allemande de la Partita n°2 pour instrument solo, et un duo exécuté sur la superposition des deux interprétations. Chaque danseur joue sa partition, un solo désarticulé pour lui, à l'image d'un pantin, plus atténué pour elle, comme une poupée de chiffon. Le duo ne prendra corps qu'un peu plus tard dans le spectacle, avec la combinaison des deux partitions.

La soirée se poursuit avec Trois pièces pour clarinette d', interprétées avec humour par , notamment dans la troisième pièce avec la clarinette en si bémol. , violoniste superstar, crée ensuite deux Caprices de Luis Naon pour violon et électronique, commandés par l' et réalisés dans les studios de l'Institut avec le concours de Manuel Poletti pour l'informatique musicale. C'est un dispositif discret, où l'électronique joue en réponse à l'instrument, laissant toute sa place au virtuose , très sûr de lui, chaussures vernies et chemise près du corps, et à ses coups d'archets ravageurs. lui fait écho avec les Caprices 3 et 4 pour clarinette et électronique, entouré par une foule d'instruments virtuels.

Retour de avec Whisper not de , qui offre une prestation très drôle quand la musique spatialisée la dépasse.

La dernière partie du concert est brillantissime avec la Sonate pour alto de Ligeti, suivie de l'époustouflante virtuosité de Laurent Korcia dans le Presto de la Sonate pour violon de Béla Bartók, référence directe aux Sonates et Partitas de Jean-Sébastien Bach. C'est d'ailleurs par un duo improvisé en direct par les danseurs sur l'Allemande de la Partita n°2 pour violon solo de Bach que se termine ce concert ciselé comme les facettes d'un même diamant.

Crédit photographique : © Bart Grietens

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