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Absalone : la lumineuse sensualité de l’Italie baroque

Compositeur et organiste virtuose représentant de l’école bolognaise, fut tout au long de sa vie victime de la jalousie d’autres compositeurs qui jaloux de son succès, eurent surtout beaucoup de mal à accepter son écriture moderne et dérangeante. L’Ensemble Céladon et son jeune chef , également contre-ténor, nous offrent ici de découvrir au travers de sonates, cantates, antiennes, et autres extraits musicaux tout ce qui fait l’originalité de ce compositeur : sa vitalité, son exubérance, follement baroque, et la créativité de son langage musical. La beauté des textes nous subjugue. Cazzati leur offre un écrin musical exceptionnel.

Servie par une basse continue fervente, douloureuse, implorante, joyeuse, la voix lumineuse, à la clarté diffuse et sensible de nous envoûte, nous emportant dans un monde fascinant et troublant. Il n’est qu’à entendre cette merveilleuse conversation sur l’invisible, sur l’ineffable entre le cornet à bouquin de et le violon d’Hélène Houzel dans la sonate « La Calcagnina » ou la douloureuse et sensuelle prière de Paulin Bündgen dans le Madrigale al crocifisso pour se laisser séduire par tant de beautés. Sacré et profane tissent ici des liens intimes. Comment ne pas s’en persuader à la lecture du texte de ce madrigal « Face au sang, je soupire, devant mon Seigneur je respire… je les adore tous les deux… l’un m’emplit de terreur, l’autre d’amour. L’un me fait trembler, je brûle pour l’autre… ».

La voix de Paulin Bündgen se fait incandescente, séduisante, bouleversante jusqu’au soupir, dans Nel martirio di santo Stefano, ou brisant les lignes les plus pures par des colorations se jouant des dissonances dans Un peccatore penitente accompagné par la viole de gambe de Florence Bolton qui dans un déchirement plaintif vient souligner les errements de ce pêcheur pénitent, tandis que de la harpe d’Angélique Mauillon émane la lumière éthérée de l’harmonie des sphères. L’exubérance baroque de certaines pièces permet à l’ensemble des instrumentistes de l’Ensemble Céladon de faire chanter leurs instruments avec une virtuosité inouïe. Quelle délicatesse absolue dans le jeu du théorbe et du luth (Rémi Cassaigne) ! Cette musique même dans les instants d’exaltation restent limpide, lumineuse nous laissant une sensation d’émerveillement et de bonheur intense.