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Bartók et Ravel par Jansons, blindage à toute épreuve

En plus des disques EMI et des productions du labels RCO Live du Concertgebouw d’Amsterdam, le travail de se voit documenté par Sony qui édite des bandes de concerts donnés par l’orchestre de la radio bavaroise, l’autre phalange dont le chef à la charge. Jusqu’à présent, aucun de ces disques ne nous avait donné la chair de poule. Inattendu en cette période de fête, ce couplage de démonstration nous comble au-delà de toute espérance.

Le concerto pour orchestre de Bartók est tout compte fait une redoutable partition car au-delà de la virtuosité de l’écriture, le chef doit rendre les facettes des différents climats abandonnés et désespérés de la pièce. C’est justement le gros atout de cette version qui combine élan et profondeur. Techniquement l’orchestre munichois est absolument grandiose avec un étagement des plans sonores saisissant et des solistes des pupitres de vents absolument renversants. La discographie est très très riche, mais cette version égale les légendaires disques de Reiner (RCA), Bernstein (Sony), Karajan (EMI) et Solti (Decca).

La Suite du Mandarin merveilleux est l’un des chevaux de bataille préféré de Jansons. Elle est emportée avec une rage irrésistible, l’orchestre tenant encore le choc sous une direction radiographique qui fait ressortir tous les détails et la luxuriance de l’orchestration. C’est avec Salonen (DGG), Solti (Decca) et Martinon (RCA), un nouvel étalon discographique.

Un chef balte et un orchestre allemand pouvaient sembler un attelage bancal dans Daphnis et Chloé de Ravel tant les timbres français de cette musique sont difficiles à rendre. Pourtant, là encore, cette association casse la baraque et Jansons fait vraiment lever le soleil dans le « lever du jour » introductif. Tout y est : la précision, la richesse des couleurs, les dynamiques. Dans l’absolu c’est la seule version à se hisser au rang du disque de Charles Munch et de l’Orchestre de Paris (EMI) dans cette suite n°2.

Dans un couplage unique mais tout compte fait très intelligent et servi par une prise de son de démonstration, ce disque est une fête symphonique à thésauriser d’urgence.

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