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Collector La Callas

M&A Classique

Dans le cadre des célébrations commémorant le trentième anniversaire de la disparition de l’inoubliable et irremplaçable diva, les responsables du label M&A ont eu la judicieuse idée d’éditer un « collectorama » , sous forme d’un disque collector « de luxe », lui-même constitué d’un disque 33 tours et d’un CD. Il faut se pencher sur les dates respectives des divers enregistrements – les années 1953 et 1954 – pour se persuader que ces documents sont déjà âgés de plus d’un demi-siècle ! Sous la baguette du grand chef , c’est en effet un voyage de rêve – enchantement renouvelé à chaque étape – qui nous est proposé au pays de l’opéra italien. Un voyage dont les hôtes ont nom Bellini (pour Norma), Puccini (La Bohème, Gianni Schicchi, Manon Lescaut), Catalani (La Wally) etc.

Nous voudrions nous arrêter un instant sur l’inoubliable Norma ici gravée. Si Norma reste, dans l’esprit de tous les amateurs, l’apogée de l’art bellinien, son grand air, « Casta Diva » figure au sommet de la hiérarchie vocale. La simplicité radieuse et la surnaturelle beauté de cette mélodie légèrement accompagnée, ses bouleversantes inflexions chromatiques, la puissance dramatique des motifs mélodico-rythmiques et le soutien du chœur intervenant en tierces parallèles créent un inoubliable climat de légende. Poignante, envoûtante, cette page ne le cède en rien, pour la puissance tragique et l’effusion lyrique, aux meilleures réalisations de Verdi, lequel ne se fera pas fait faute de relever, en 1882, que Bellini possédait des qualités exceptionnelles, de celles qu’aucun conservatoire ne peut donner, même s’il lui manquait celles que les conservatoires devraient enseigner. C’est précisément ici que le génie de notre diva s’accorde miraculeusement à celui du maître de Catane. Car si, aujourd’hui, la partition de Norma s’impose avant tout comme une prodigieuse peinture des passions humaines développées à leur excès et magistralement restituées par le matériau musical mis en œuvre, c’est en grande partie à Callas qu’elle le doit. À lui seul, cet air justifierait la parution de ce document magnifique, et parfois teinté de nostalgie.

Les puristes feront peut-être la moue, relevant, non sans raison, le caractère très inégal de ce singulier florilège. Parlons clair, ce n’est pas là la meilleure Callas… mais c’est toujours Callas ! Et une Callas hors tous les artifices du studio, une Callas en scène, souvent magique, parfois ensorcelante, jamais décevante, toujours intéressante. Une belle idée de cadeau, en somme, pour un Noël lyriquement festif.

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