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Beethoven par Vänskä III, de l’art subtil du dosage

Deux intégrales du Grand sourd se disputent en ce moment les ferveurs des critiques et des mélomanes : celle décapante de Paavo Järvi à la tête de ses chambristes allemands de Brême et cette présente somme en cours d’enregistrement par et son orchestre américain (lire ici et ici la chronique des deux premières étapes de cette intégrale). Tout sépare, ces deux visions ! Järvi impose un Beethoven impulsif et dynamique alors que Vänskä est à la recherche d’une logique interne, d’une intelligibilité et d’un galbe entre les parties. En résumant et en simplifiant c’est le combat des nerfs contre la lutte des sens.

Ce traitement convient à merveille à une symphonie pastorale, à la fois légère et altière. Cette interprétation incite à la flânerie et à la rêverie. Tout respire avec aisance et subtilité, le chef conduisant un orchestre à la fois fruité et charnu, on est ici très loin de l’image frigorifiante des sonorités des phalanges étasuniennes. Globalement, cette interprétation s’impose comme l’une des plus belles références modernes depuis Harnoncourt (Teldec).

La symphonie n° 1 ne démérite pas, mais il lui manque l’élan juvénile des interprétations chambristes tandis que la recherche du dosage parfait entre les lignes mélodiques nuit à la progression du discours. C’est très bien, très élaboré avec parfois de beaux passages, notamment dans le Menuetto, mais l’on pointe trop souvent, dans les mouvements extrêmes, une curieuse retenue. Comme si cette musique plus formelle que narrative bridait le chef.

Malgré, une symphonie n° 1 un peu sur la réserve. Ce cycle se poursuit à un très haut niveau d’interprétation tout en faisant taire les grincheux qui ne jurent que par leurs antiques galettes, car en 2008 on a encore des choses à dire dans Beethoven !

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