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Beethoven par Vänskä, volume II

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n°3 en mi bémol majeur op. 55 « Eroica » et n°8 en fa majeur op. 93. Minnesota Orchestra, direction : Osmo Vanska. 1 SACD Hybride BIS, référence : BIS-SACD-1516. Enregistrement au Orchestra Hall de Minneapolis en juin 2005 et janvier 2006. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 76’16.

 

Après les Symphonies n°4 et 5, le et son directeur musical poursuivent leur intégrale Beethoven avec cet album comprenant les symphonies n°3 et 8. On retrouve dans ce nouveau disque les qualités exaltantes qui avaient fait du premier volume un très grand succès. L’orchestre est concentré et virtuose, et semble prendre un immense plaisir à triompher de ces œuvres qui si elles sont depuis longtemps le pain quotidien de tous les orchestres de par le monde, n’en restent pas moins extrêmement difficiles. Il est mené par un chef qui maîtrise admirablement son sujet, soignant les équilibres entre les groupes instrumentaux, obtenant de ses musiciens un son rond, chaud et puissant, et adoptant des phrasés souples et bondissants, dans des tempi vif et légers. Ces ingrédients donnent une des meilleures symphonies n°8 de la discographie, mélange de punch et de grâce, enlevée avec un chic inimitable, et dont les détails ne sont jamais négligés (écoutez le subtil dialogue entre clarinette et cor dans le menuet).

La Sinfonia Eroica n’est pas aussi enthousiasmante, et c’est même jusqu’à présent la moins bonne pioche du cycle en cours. Très maîtrisée, il lui manque un peu de cette violence, de cette crânerie, de ce défi que Beethoven y a mis. C’est le premier mouvement qui plombe cette interprétation : Vänskä lui donne agilité et puissance, mais en corsète les ardeurs, et il laisse chuter la tension dans le développement, qui tourne sur lui-même. Les autres volets sont excellents : énergiques, souples et ardents, mais ils ne peuvent pas tout à fait racheter cette impression mitigée, car une Eroica au premier mouvement trop poli est presque comme un corps sans tête. Certainement moins fignolée du point de vue orchestral, la récente Eroica de Skrowaczewski lui dame le pion sans problème, car le vieux chef polonais lui donnait une jeunesse et un élan révolutionnaire qui manquent à son cadet finlandais.

Servi par une prise de son superbe de clarté et riche de détails, ce disque est mieux qu’à moitié réussi, et tiendra son rang dans toute discothèque beethovenienne. Reste à à retrouver l’élan qui fit la réussite absolue du premier volume pour que cette intégrale en cours devienne l’un des mètres étalon de l’interprétation beethovenienne moderne.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonies n°3 en mi bémol majeur op. 55 « Eroica » et n°8 en fa majeur op. 93. Minnesota Orchestra, direction : Osmo Vanska. 1 SACD Hybride BIS, référence : BIS-SACD-1516. Enregistrement au Orchestra Hall de Minneapolis en juin 2005 et janvier 2006. Notice en anglais, français et allemand. Durée : 76’16.

 
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