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Agnès Mellon pour unique lumière de ces Leçons de Ténèbres

A tous ceux qui sont fascinés par la musique religieuse baroque, cet enregistrement ne figurera malheureusement pas dans les enregistrements de référence des Leçons des Ténèbres. L’Office des Ténèbres (ou des Lamentations) remontent aux origines ou presque de l’église catholique, lié à la Semaine Sainte, il fût à partir du XVIe siècle décalé des matines à l’office de la veille après-midi du jeudi, vendredi et samedi de Pâques. C’est donc le chiffre trois, celui de la Sainte Trinité qui guide cet office. Une de ses particularités en étant un rituel particulièrement frappant, l’extinction progressive des cierges.

Durant la seconde partie du règne de Louis XIV se fut une véritable mode qui conduisit parmi les plus grands compositeurs à répondre à des commandes, bien souvent d’abbayes, où l’on se rendait en foule policée et mondaine pour les entendre. Les plus connues étant celle de Charpentier, mais également donc de Couperin et de Lalande qui occupent ce CD. Evoquant malgré tout, et surtout, un moment de vive spiritualité, les leçons de Ténèbres, pour le mercredi Saint de et de Michel Richard de Lalande reprennent le texte des lamentations de Jérémie, issu de l’Ancien Testament dans lequel le prophète y déplore la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, elles symbolisent également la solitude du Christ.

Ces œuvres sont prévues pour des effectifs réduits, mais ici l’interprétation qui nous en est donnée ici manque de relief. Quelle idée de choisir un petit orgue positif en lieu et place d’un orgue plus solennel ! Quant à la viole de gambe, elle semble sans voix, trop murmurante. Ces deux instruments ne parviennent donc pas à offrir l’intensité nécessaire au continuo devant permettre de nous faire percevoir toute la souffrance et le poids du doute que portent ses œuvres.

Mieux vaudra par ailleurs réécouter dans Les Leçons de Ténèbres de Couperin dans un enregistrement de 1991 accompagné par Christopher Hogwood à l’orgue (l’Oiseau lyre). Ici seule parvient à nous éblouir, toujours autant pourrait – on écrire, par ses aigus flamboyants, la luminosité de son timbre et les couleurs des ornementations de son interprétation.