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Trois aspects représentatifs du fameux orchestrateur

La Symphonie n° 4 de date d’une période relativement heureuse. Le compositeur tchèque vivait alors aux Etats-Unis et la fin de la Seconde Guerre mondiale était imminente. Il espérait un prochain retour en Europe après un long exil américain. Les auditeurs de la création qui se déroula à Philadelphie en novembre 1945 sous la direction d’Eugène Ormandy découvrirent une partition plutôt enjouée et rayonnante.

Après un mouvement initial Poco moderato, bref et concis, structuré sur deux courtes cellules destinées à trouver un épanouissement ensoleillé suit un ambitieux Scherzo (Allegro vivo) brillamment rythmé comme souvent chez Martinů. Il renferme un trio central aux accents tchèques revendiqués. Le Largo suivant, très expressif et de toute beauté, retenu mais noble, se voit évacué de tout excès de pathos (il s’oppose ainsi, à la bouleversante et émouvante Ode pour Lidice de 1943). Le Finale, un Poco allegro, confirme les talents d’orchestrateur et de symphoniste (insuffisamment reconnus ailleurs qu’en République tchèque) du compositeur. Toutes ces qualités sont parfaitement soulignées et défendues par un (phalange fondée en 1936) tout à fait dans l’atmosphère requise. Partant, cette lecture s’impose comme très recommandable. La direction, compréhensive et engagée du chef (né en 1939, membre fondateur du Quatuor Weller, Konzertmeister du Philharmonique de Vienne, chef du Staatsoper de la capitale autrichienne, chef invité par les plus grandes formations internationales…) fait office de catalyseur magnifique et hisse son orchestre (dont il assure les destinées depuis 2007) au maximum de ses capacités.

Au programme figure encore la dernière œuvre orchestrale de Martinů, Estampes (1958), de moindre dimension et dont l’ambition repose principalement sur l’étude de timbres. Ces Estampes s’inscrivent dans un courant néo-impressionniste où domine une manifeste influence française. Pour finir, Le Départ, un interlude orchestral bien antérieur puisque achevé en mai 1929 et placé au début du troisième acte d’une partition sous-titrée « opéra-film » : Les Trois souhaits ou les vicissitudes de la vie (création posthume à Brno en 1971). Cette puissante ouverture (introduction Lento suivie d’un Allegro vivo, placée au début du troisième acte) repose sur des rythmes forts, saccadés, représentatifs du style développé lors des années parisiennes, sur des couleurs et des timbres rudes et rugueux, sur des dissonances complexes, sur une polytonalité, sur une prééminence des cuivres… pour reprendre la description précise et passionnée d’Harry Halbreich à qui l’on doit également la numérotation du catalogue Martinů.

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