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Nemanja Radulovic interprète Mendelssohn

Nemanja Radulovic est à 21 ans, un des violonistes d’avenir les plus bardés de prix aussi divers que prestigieux. Il est régulièrement encensé par la critique et apprécié d’un public qui a pu le voir jouer un peu partout en France et à l’étranger. Après son premier enregistrement live d’œuvres de Bach, Miletic, Paganini et Ysaÿe, ce sont aux tours des Concertos pour violon n°1 et 2 de Mendelssohn d’être captés aux cours des festivals des Flâneries Musicales de Reims, toujours sous le label TransArt Live.

Vingt deux ans séparent les deux œuvres. Si le Concerto en ré mineur, composé en 1822 est une création de jeunesse, ne montre pas moins pour un jeune compositeur de 13 ans des qualités exceptionnelles d’écriture qui préfigurent déjà ce que sera le chef-d’œuvre du Concerto en mi mineur op. 64, œuvre de pleine maturité qui s’imposera comme le sommet lyrique de la production du compositeur. Maintes fois interprété et enregistré, ce concerto est un passage obligé pour tout violoniste voulant se mesurer aux plus grands et prouver qu’ils ont leur place au sein de la grande famille.

Si le jeune virtuose a toutes les qualités techniques et déjà une belle expérience pour s’imposer, c’est par sa personnalité que Nemanja Radulovic séduit. Extrêmement à l’aise avec la partition, ce violoniste joue de façon brillante et enlevée. Rien ne lui résiste, il avale les mesures, bondit de trilles en trilles, donne ce qu’il faut de vibrato et sculpte de son archet frétillant aussi prompt à la docilité qu’aux puissantes attaques de cordes, une interprétation qui restera dans les mémoires. L’ accompagne merveilleusement le soliste et reste après cinquante ans d’existence une des formations les plus talentueuses et incontournables du moment.

On regrette cependant la prise de son pas si simple en « live » qui ne permet pas de bien mettre en valeur la sonorité de l’instrument joué par Nemanja Radulovic : un Jean Baptiste Vuillaume de 1843.