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René de Castéra : tel un relatif mineur

Élève de et d’Isaac Albeniz à la Scola Cantorum dont il fut l’un des premiers élèves, eut comme condisciples des musiciens comme Albert Roussel ou Déodat de Séverac avec lesquels il faut bien avouer que la postérité fut bien plus indulgente. L’époque étant à la redécouverte de répertoires oubliés ou négligés, il est donc légitime de vouloir rejouer et enregistrer, souvent pour la première fois, ses œuvres, écrites pour la plupart dans les quinze premières années du XXe siècle.

Le Festival International Albert-Roussel et l’ se sont donc lancés dans l’enregistrement de l’intégrale de la musique de chambre de notre compositeur et nous proposent ici le tout premier volume de la série.

À l’époque, Castéra était en concurrence avec des pointures comme Fauré, Debussy, Ravel, Stravinsky sans oublier naturellement les trois Viennois et il faut bien avouer que jamais il ne put faire le poids face à ces géants. Certes, sa musique – en tout cas les trois partitions présentées dans cet album – s’écoute sans déplaisir mais elle ne parvient pratiquement jamais à véritablement susciter l’intérêt de l’auditeur ; on pourrait même dire qu’elle est parfaitement neutre et lisse : ni intéressante, ni ennuyeuse, tout juste passable comme du Puvis de Chavannes musical.

Les trois musiciens de l’Ensemble Jongen font ce qu’ils peuvent et sont à mettre hors de cause car il est bien difficile de défendre ce qui n’est pas défendable. La notice ne s’en tire pas beaucoup mieux car lorsqu’on lit : « …le piano déroule un tapis de doubles croches duquel émergent quelques motifs rappelant les bruits de la forêt landaise, comme les échos d’une fête lointaine assourdie par une couche d’aiguillées… », on a envie de refermer le boîtier du disque… et de cesser immédiatement la lecture de cette chronique. C’est fait.

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