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Tosca à Salerne, dans le respect de la tradition

Le théâtre Verdi de Salerne a inauguré avec un chef-d’œuvre de l’opéra italien, sa deuxième saison artistique sous la direction de . Une saison qui verra sur scène des grands artistes internationaux comme Mischa Maisky, Roberto Bolle, Juan Diego Florez, pour n’en citer que quelques uns et des chefs d’orchestre invités tels que Salvatore Accardo et Lorin Maazel. Premier des cinq opéras à l’affiche, Tosca, déjà présenté l’été dernier à l’Arène Flegrea à Naples, n’a pas déçu les attentes d’un public de plus en plus compétent et exigeant.

La scénographie de style classique a recréé les lieux de l’histoire, l’église de Saint André de la Valle à Castel Sant’Angelo, dernier lieu symbolique de l’amour qui unit Tosca et Cavaradossi. La beauté et la magnificence des décors, exalte le pouvoir temporel, offrant un regard critique sur les événements politiques à Rome au début XIXe. Dans Tosca, en fait Puccini confronte des thématiques extra-sentimentales, qui touchent au domaine historico-politique et les rapports entre la République romaine (née de la bataille de Marengo) et l’Eglise. L’opéra se déroule donc sur un double parcours d’amour et de sexe, de pouvoir et de vexation, de réalité et de fiction. C’est dans ce cadre complexe que, décide d’habiller les personnages du drame en costumes « classiques » aux saveurs post romantiques. La représentation chorale du Te Deum, scéniquement très réussie, révèle sa volonté de montrer toutes les contradictions de cet énorme kaléidoscope qu’est la ville éternelle des Papes. Le respect de la tradition scénique va de pair avec le respect de la partition.

C’est un Miguel Gomez-Martinez en pleine forme qui a dirigé cet opéra avec fermeté et clarté. Suivant à la lettre les indications de Puccini, il n’a pas cédé aux demandes de bis du public au cours de la représentation. Son travail méticuleux sur le rythme et les tempi, son geste naturellement net a garanti une lecture et une interprétation très fidèle à l’esprit du compositeur italien. Dommage que parfois la forte sonorité de l’orchestre ait pénalisé les chanteurs sur scène.

maîtrise son rôle à la perfection la partie de Tosca. Sa voix puissante et chaleureuse fait oublier une diction pas toujours parfaite et des mouvements lourds et mécaniques. Piero Giuliacci est impeccable vocalement dans le personnage de Cavaradossi (même si de toute évidence il n’a pas le physique du rôle) et est également efficace dans l’interprétation du rôle du baron Scarpia. Sa voix de baryton profonde s’impose sur le Te Deum comme une menace qui est en train de s’abattre sur les amants.

Crédit photographique : (Tosca) & (Scarpia) ; Hui He (Tosca) & Piero Giuliacci (Mario) © Teatro Giuseppe Verdi de Salerne

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