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Rachmaninov, école belge : une question de goût ?

Avec un récital dédié à , le pianiste belge , lauréat de nombreux concours internationaux dont le prestigieux Reine Elisabeth en 1987, soliste et pédagogue, retrouve le chemin des studios. Pour quelques bonnes raisons et d’autres, plus mitigées.

En prélude, il aborde deux des Etudes Tableaux op. 39 dans lesquelles il montre une réelle complicité technique avec l’écriture en négligeant, certes, de mettre en valeur certaines nuances de la partition.

La construction de la sonate n°2 op. 36 qui fait suite, s’avère nébuleuse, surtout dans les passages rapides des premiers et dernier mouvements où le plaisir de la technique semble prendre le pas sur la clarté de la structure et l’empressement se muer en précipitation. L’interprète se révèle cependant dans les passages lents, « chantés », du premier et du second mouvement où germe une réelle authenticité. Si seulement dans les crescendi, la finesse des lignes mélodiques ne basculait pas sans transition vers des passages dramatiques martelés avec pesanteur comme dans un excès de zèle…

Il y a en effet un fossé entre la manière d’aborder les passages en force et les passages lents. Parmi ceux-ci, l’annonciation du thème dans les Variations sur un thème de Corelli, touchante, rayonne de retenue et de pureté, tout comme la variation n°15.

Quatre pièces articulent la conclusion, oscillant entre introspection et virtuosité. Parmi elles, une Elégie habitée par une ferveur qui s’échappe peu à peu du cadre intime pour s’extravertir presque bruyamment. Ainsi que les transcriptions pour piano de Liebeslied et Liebesfreud de Kreisler qui scellent musicalement la profonde amitié du compositeur avec Kreisler. L’une comme l’autre puisent dans la fantaisie de l’interprète qui garde à l’esprit le charme viennois tout en navigant au cœur d’une luxuriante polyphonie (Liebesfreud).

Une vision personnelle, certes, pleine de verve et habitée par une éternelle jeunesse mais qui se joue d’une rigueur dont l’absence se fait sentir.