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Biber entre sacré et profane…

D’emblée, le titre pose le problème inhérent à la totalité de cet ensemble de sonates de  : « Fidicinium Sacro-Profanum, 1683 ». Et oui, c’est entre le sacré et le profane qu’il semble vouloir les situer. Mais pourquoi et comment ?

Il semble que Biber ait voulu rendre hommage à l’Archevêque Maximilian Gandolph von Khünburg, dédicataire du recueil, qui lui offrira en 1684, donc un an plus tard, le poste de Maître de Chapelle de Salzbourg. (Le « Fidicinium Sacro-Profanum » n’étant d’ailleurs pas si étranger à sa nomination…) Le musicien voulait ainsi souligner la double appartenance de ce protecteur des arts, sa double fonction de représentant de la religion et de l’état.

Si d’autres éléments semblent pouvoir expliquer ce titre emblématique, il apparaît que cette interprétation est la meilleure, dans la mesure où le compositeur a écrit à la fois de la musique religieuse et de la musique profane. La question de la traduction de la spiritualité en musique l’interpelait profondément.

Concrètement, et cela est parfaitement mis en valeur dans l’enregistrement des Plaisirs du Parnasse sous la direction précise et dynamique de , l’écriture dense de Biber est très largement placée sous le signe de la polyphonie, surtout dans la première partie. En effet, même si les cordes s’enchaînent, dialoguent, se répondent, parlent simultanément… le tout reste dans une atmosphère expressive et spirituelle indéniable grâce à une écriture plus contrapuntique que concertante. Inversement, dans la deuxième partie, le rôle prédominant est donné au violon. Comme le souligne très judicieusement au sujet de la troisième partie : « …Le théâtre, la polyphonie, la danse, la fugue instrumentale : en une sonate, Biber met en musique de manière magistrale presque tous les styles en vogue à l’époque. » Et les Plaisirs du Parnasse de faire revivre tous ces styles et cette spiritualité montante. Articulations précises, sens du phrasé, dynamisme rythmique, équilibre entre les différents instruments… tout concourt à faire de ce CD un enregistrement de référence pour des œuvres encore trop méconnues qui tendent à repousser les limites entre sacré et profane. A découvrir absolument.

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