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Bon anniversaire Maestro !

Festival Pablo Casals 2008

Depuis plusieurs années, le compositeur polonais est l’hôte privilégié du Festival de Prades. Pour l’anniversaire de ses 75 ans, il était à l’honneur durant toute la journée du 10 Août. Les festivités débutaient par une conférence du compositeur suivie de deux concerts conviant le Maestro au pupitre dans l’Eglise de Villefranche de Conflent puis, en soirée, à l’Eglise de Prades. L’excellent chef Joan Company y assurait la première partie du programme à la tête d’une des meilleures phalanges vocales de la Catalogne, le chœur de l’université des îles baléares puis cédait sa place au Maître polonais qui nous donnait à entendre, après l’Amen opus 35 de son compatriote Henryk Gorecki, trois de ses pièces vocales religieuses. Dans le très bel «Agnus dei» pour chœur mixte à huit parties écrit en 1982 – dont il existe une version pour huit violoncelles réalisée par le compositeur en 2007 à la mémoire de Mstislav Rostropovitch – le chœur nous impressionnait par le rendu des couleurs et l’intensité de ses lignes vocales tissant des trames sonores vibrantes.

Dans l’église de Villefranche de Conflent, c’est la «Chaconne» pour cordes qui était donnée en création française. l’écrit en 2005 sous le choc de la mort du pape Jean-Paul II dont il a été l’ami en Pologne durant sa jeunesse. Dans une écriture néo-tonale au souffle postromantique qu’affectionne aujourd’hui le compositeur, cette «Chaconne» s’inscrit dans le moule formel traditionnel : véhiculant sa charge de pathos, la ligne chromatique descendante sous-tend une écriture richement expressive nourrie par le timbre chaleureux d’interprètes manifestement très investis dans cette création. L’enthousiasme de l’auditoire nous valut une deuxième exécution, plus convaincante encore que la première !

Auparavant, l’excellent Artis Quartet donnait le quatuor à cordes en sol mineur opus 74 n°3 dit «le cavalier» de Haydn. Cette formation viennoise a la singularité de jouer debout, un choix qui autorise beaucoup de mobilité et d’élégance dans le geste ; leur interprétation rigoureuse autant que raffinée de la musique de Haydn – dans le «bon goût» de la musique viennoise – allie finesse de l’articulation, qualité soyeuse de la sonorité et élan spirituel des thèmes nous mettant sous le charme irrésistible de leur jeu.

Le Talich Quartet, cette phalange tchèque invitée elle aussi par le Festival pour dispenser des cours de musique de chambre au sein de l’Académie jouait en fin de concert le quatuor à cordes en la mineur opus 51 n°2 de Brahms. C’est l’intériorité et la concentration du jeu des quatre partenaires faisant converger leur talent qui frappent. Avec beaucoup d’économie dans le geste et l’autorité souveraine du premier violon , l’Andante moderato du deuxième mouvement atteignait un sommet d’intensité expressive.

Crédit photographique : photo © Romain Baldet