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Bouleversante Lady Macbeth de Maria Gulegina

Peu présent il y a quelques mois encore sur le marché du DVD, le Metropolitan Opera de New York vient de publier toute une série de titres : Peter Grimes, Hansel and Gretel, The First Emperor, La Bohème, Manon Lescaut et ce présent Macbeth. Enregistrée en janvier 2008, cette représentation avait été retransmise dans des salles de cinémas partout aux Etats-Unis et aussi en Europe. Première saison d’un évènement novateur en plein essor !

Sévèrement jugée par une bonne partie de la critique européenne, cette production s’avère pourtant globalement très convaincante. Le succès est d’abord musical : est ici au meilleur de lui-même, animant, entraînant et enflammant ses musiciens. Sa lecture aux couleurs sombres et aux tempi toujours justes est passionnante d’un bout à l’autre. Dans le rôle-titre,  confirme l’impression favorable laissée par son Rigoletto à Dresde. Voici un vrai baryton verdien, à la voix large et puissante, à l’aigu facile, au phrasé généreux et capable de 1001 nuances.

A ses côtés, campe une Lady irrésistible. Son timbre un peu dur convient idéalement au rôle dont elle surmonte sans sourciller les nombreuses difficultés. Notes graves et notes aiguës, vocalises et sauts de registre, rien ne semble lui poser problème. En outre, elle s’avère ici une actrice fascinante dominant facilement le vaste plateau du Met notamment dans une scène du somnambulisme absolument bouleversante. En Banquo, fait entendre une voix de basse impressionnante, mais l’aigu est souvent poussif. Dimitri Pittas est un Macduff un peu pâle, mais musicalement très sûr, malgré un timbre très métallique.

Quant à la mise en scène, elle est professionnelle – ni plus ni moins. Si transpose l’action à la deuxième moitié du XXe siècle, son approche reste profondément traditionnelle. Pas de euro-trash donc, mais une production sobre et lisible, basée sur une direction d’acteur très fouillée, notamment en ce qui concerne le couple Macbeth-Lady Macbeth. Même devant la télé, leurs scènes clouent le spectateur à son siège tout comme les formidables apparitions à l’acte trois. On pardonne donc facilement des sorcières franchement ridicules, déguisées en vieilles dames anglaises, brandissant à tout moment leurs sacs à mains.

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