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Schumann, l’option chirurgicale

Avec cet album, clôt son intégrale des symphonies de Schumann. Après des débuts chaotiques, cette somme s’est heureusement améliorée pour déboucher sur ce final en feu d’artifice qui voit, enfin, les adéquations du chef et leur réalisation par des musiciens à la flexibilité remarquable.

Très délicate à servir la symphonie rhénane souffre, souvent, de deux écueils : une massivité exagérée et une difficulté à « habiter » les mouvements centraux. Replaçant Schumann dans une filiation beethovénienne, presque héroïque, Dausgaard impose une interprétation à la fois souple et altière. Le dosage des nuances et des dynamiques fait de cette version un modèle absolu en termes de verticalité et d’horizontalité mais sans le côté unilatéralement violent des premières tentatives du chef dans Schumann (on pense ici à la violence souvent trop démonstrative des contrastes de la symphonie n°1)

Le cas de la symphonie n°4, jouée ici dans sa réalisation « finale » de 1851 est identique. Loin de chercher la grandeur épique et quasi-mystique des anciens : Munch (RCA), Karajan (DGG), Bernstein (Sony) ou Furtwängler (DGG), le chef réussit à garder cette légèreté de la pâte sonore et une saine vigueur conquérante au souffle épique. Même si cela peut parfois apparaître trop démonstratif d’intentions intellectuelles, le résultat ne cesse de séduire l’esprit avec une mise en avant de certains détails et un équilibrage parfait entre les cordes et les vents. Les deux « petites » pièces que sont Hermann et Dorothée et Manfred bénéficient du même traitement attentionné à la forme et au fond.

Ce compact est une réussite de haut vol et même la meilleure approche « moderne » de ces symphonies avec les enregistrements de David Zinmann pour RCA. Il est juste dommage que toute l’intégrale ne soit pas aussi fignolée…Après Beethoven, Schumann et Dvorak on attend la suite des relectures « modernistes » et décapante du chef d’orchestre.