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Décevant Macbeth

Un seul décor, amovible en son centre, servira à illustrer le lieu de toutes les infamies. Cette sinistre forêt peuplée de symboles, ne réussit guère à jeter quelque clarté sur un mélodrame passionnel aux ambitions démesurées, ni à soulever cette lourde matière malgré la musique de Verdi. Certes, reconnaissons que l’opéra n’est pas exempt de défauts structurels. Verdi lui-même remit son œuvre sur le métier et en donna une deuxième mouture en 1865. C’est un opéra statique et le metteur en scène René Richard Cyr n’a pas su créer l’atmosphère inquiétante voire le terrifiant drame de l’âme qui sied au couple Macbeth. Au premier tableau, la forêt sombre devient un lieu équivoque où des femmes, plus putains que sorcières, attendent leurs clients. Les prophéties qu’elles débitent, passent inaperçues. Pourtant, cette première scène hautement dramatique, devrait faire frémir. Le chœur de l’Opéra de Montréal, d’ordinaire si vaillant, semble l’ombre de lui-même. L’omniprésence de la forêt – s’agit-il de la forêt de Birnam qui avance ? – déçoit par son immobilisme à l’instar de tous les personnages.

L’étonnante scène de somnambulisme est à souligner. Sans doute trouvera-t-elle la noirceur idoine du personnage au cours des futures représentations. Le ténor en Macduff, par sa véhémence, donne un peu plus de consistance à cette production. Enfin, le Banquo du baryton-basse , donne une honnête prestation. Les autres rôles sont bien tenus. L’, sous la direction de Stephen Lord, semble en méforme évidente pour cette première de Macbeth. Espérons qu’ils retrouveront leurs marques. Notons enfin qu’il s’agit d’une coproduction de l’Opéra de Montréal avec l’Opera Australia.

Crédit photographique : © Yves Renaud