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Un Mendelssohn so british

L’année est bien lancée, de nombreuses productions de qualité voient le jour. Enfin, ce compositeur sera-t-il un jour reconnu à sa juste valeur, faisant partie de ce cercle restreint des grands génies de la musique, lui qui comme d’autres, vécu pourtant si brièvement en notre monde ? Nous avons découvert grâce au disque, voici une quarantaine d’années, l’œuvre pour orgue de ce digne successeur de Bach, établi à Leipzig. Le noyau dur de cette œuvre réside en ces six sonates, sans doute essayées sur les orgues de Silbermann qu’il décrit et qu’il aimait, les mêmes que Bach pratiquait déjà quelques décennies auparavant. Par la suite, Mendelssohn connu d’autres esthétiques, plus conformes à leur temps, et à cette nouvelle inspiration romantique. L’Angleterre l’attira beaucoup, et ces sonates en sont toutes imprégnées. Déjà il en construit le plan à la manière des vieux Voluntarys : lent-allegro-fugato, en l’adaptant suivant les besoins, pour chacune d’entre elles. La troisième par exemple fut écrite pour le mariage de Fanny sa sœur : il aménage une belle entrée, rappelant la célèbre marche nuptiale. En bon luthérien, il glisse dans la fugue le choral « Aus tierfer not », avant de terminer par un andante sur les flûtes des plus charmeuses. Le titre de sonate reste symbolique.

Le présent enregistrement propose trois orgues contemporaines de Mendelssohn, à notre connaissance inédites au disque. Elles furent construites par l’atelier de facture Buchholz, et sont d’esthétique résolument romantique. Instruments imposants et magnifiquement conservés ou restaurés, elles sont les témoins idéales pour ce répertoire. , organiste écossaise, nous confie avoir grandi avec la musique de Mendelssohn, et nous les livre ici avec son cœur. Son âme rejoint celle de Mendelssohn, en une inspiration commune et une maitrise parfaite des textes. Le compositeur fit plusieurs voyages dans les îles britanniques, et ces sonates en sont un peu le reflet, d’où leur attrait par nos amis d’outre manche, encore bien réel. Tout ou presque a été essayé en matière d’orgues pour cette musique, depuis nos vénérables Cavaillé-Coll, jusqu’aux « néo-classiques », en passant par quelques « baroques » de Saxe. Ici, tout parait évident, et permet de mettre en application ce que l’auteur préconisait pour l’interprétation de sa musique à l’orgue. Notons une très belle prise de son d’Igor Kirkwood, maître en la matière.