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Majesté pianistique avec Emanuel Ax et vigueur orchestrale de Gatti

Après l’ouverture de Manfred, où la profondeur de la sonorité des cordes accentuait le caractère grave de l’œuvre, on a entendu dans le Concerto n°1 de Brahms, qui compte parmi les répertoires favoris du pianiste. Avec quelle majesté ne l’a-t-il pas interprété ! Du déchaînement tourmenté du premier mouvement jusqu’à la passion rigoureuse du dernier, en passant par le lyrisme rêveur du deuxième, le pianiste a réalisé un exploit exemplaire, tantôt avec une virilité guerrière, tantôt avec une douceur de velours. Chez Brahms, le mouvement lent est toujours infiniment délicat et il est difficile de mesurer la bonne dose de l’expressivité. Mais le jeu du maestro était si naturel que c’était comme si la musique avait toujours été ainsi. Et c’est, bien évidemment, un des signes que l’interprète est au summum de son art. Cela a été confirmé dans le deuxième mouvement de la Sonate en la majeur D664 de Schubert, qu’il a interprétée en bis.

Dans la deuxième partie, les brillantes sonorités de l’Orchestre National – dont un section de cuivre qui s’est surpassée – et la direction pleine de vigueur de se sont prêtées parfaitement aux éclatants poèmes symphoniques de Strauss. Le public s’est beaucoup amusé avec Till l’espiègle, une sorte d’immense gag musical, interprété de manière très… espiègle par le chef et ses musiciens, liés par une évidente et réjouissante complicité.

Le grand défaut de ce concert, retransmis en direct à la radio, était les toux fâcheuses, surtout en première partie, à la fréquence exaspérante (et récurrente). Et c’est dans ces conditions vraiment regrettables que les musiciens et le pianiste nous ont offert ce magnifique concert. Encore bravo !

Credit photographique : © J Henry Fair