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Les Saisons par Harnoncourt : époustouflant !

Voici un enregistrement des Saisons de Haydn qui fera date. Dès les premières mesures, on reconnaît la griffe de à la tête du et du Chœur Arnold Schœnberg : les vents font état d’une émission incisive tout en nimbant la musique de Haydn d’atmosphères pastorales et les cordes, lumineuses, phrasent avec une articulation marquée qui n’entame pas le legato. On retrouve surtout toute une gamme de contrastes et de nuances absolument superlatives, emmenée avec un engagement de tous les instants, dans l’orchestre comme dans le chœur.

Le chef autrichien qui, rappelons-le est bientôt octogénaire (le 6 décembre 2009) offre une nouvelle démonstration de l’étendue de son talent et de ses connaissances étendues de la musique de Haydn. Si le nombre de baguettes dirigeant des orchestres dits baroques a connu un essor substantiel ses dernières décennies, avec une constellation de grands musiciens inspirés et aguerris à la clé, on peine à citer un autre nom qui puisse, ici, se hisser à pareil niveau.

La pénétration de l’œuvre est tout simplement fascinante. Le texte du livret (tiré des quelque quatre mille vers du poème anglais de James Thomson) que signe le Baron Gottfried von Swieten (qui est aussi le commanditaire de l’œuvre et qui est aussi connu pour son travail sur les oratorios de Haendel dans les versions allemandes réarrangées par Mozart), offre maintes allusions illustratives de la nature et s’ancre en cela typiquement dans l’époque classique. Pour le servir à l’avenant de sa conception, se devait de rassembler des solistes d’exception. Mission accomplie avec le trio constitué par la soprano , le ténor et le baryton . Comment rêver de chanteurs plus au fait de ce qu’appelle cette musique ? Leur chant, en plus d’être d’une beauté et d’une perfection technique hors norme, est d’une éloquence époustouflante dans le rapport qu’il entretient continûment avec le texte. Tous trois se profilent comme des narrateurs parfaits en marge du lyrisme avec lequel ils savent porter l’œuvre. Si on ne présente plus l’excellent , il convient de souligner les noms des deux autres chanteurs, peut-être moins connus : , dotée d’un instrument puissant, d’un timbre chaud et sensuel avec des aigus stratosphériques magnifiquement timbrés. On l’imagine sans peine triompher dans les grands rôles mozartiens, ce qu’elle fait d’ailleurs ! , jeune baryton, thésaurise des qualités aussi engageantes que le velours vocal et la clarté.

Cet enregistrement est époustouflant à tous les égards. On ne peut qu’être pantois d’admiration.