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Martinů, l’américain

a écrit un grand nombre de partitions de musique de chambre. Ses compositions pour quatuor à cordes laissent paraître sa maîtrise de l’écriture pour cette formation. Avec les œuvres pour piano et cordes, il développe un dialogue instrumental encore plus élaboré, et l’équilibre entre les pupitres est remarquable.

Lorsqu’il entreprend en 1933 son premier Quintette pour piano et cordes, le compositeur est toujours sous l’influence du jazz intégré dans la musique sérieuse, et des danses à la mode. Cet ouvrage, assez bref, juxtapose quatre mouvements de styles très tranchés. Répondant à la vogue parisienne néo-stravinskienne, l’œuvre laisse aux musiciens le loisir d’une interprétation impétueuse et ludique.

Achevé à la Jamaïque en 1942, l’unique Quatuor avec piano est considéré comme l’une des réussites de la période américaine du compositeur. L’effervescence rythmique y est à son apogée, le piano étant traité comme un élément «motorique», qui n’est pas sans rappeler le langage de Prokofiev.

Le deuxième Quintette pour piano et cordes fut composé à New York en 1944. Le jeu des interprètes traduit la profondeur lyrique de cette partition marquée de la sourde angoisse de la guerre.

Le connaît son sujet, puisque les quatre musiciens œuvrent depuis plusieurs années à faire revivre le répertoire tchèque romantique (Smetana, Dvorák, Novak, Fibich) et moderne (Janáček, Martinů). Ils possèdent l’homogénéité et la puissance pour porter ces partitions, rendent justice aux surprises rythmiques et harmoniques de leur auteur.

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