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Kremer est contre la Kremerata, tout contre…

et sa rappellent le mot célèbre de Sacha Guitry sur les femmes : il est contre, tout contre. La plus-value de l’image par rapport au disque, dans cet enregistrement réalisé en concert dans la grande salle du Mozarteum de Salzbourg, est que l’on voit le violoniste dans tous ses états de musicien : tour à tour il se fond avec modestie et rigueur dans cet ensemble de musiciens baltes dont il est le créateur et l’animateur, il converse en duo avec la première violoncelliste, ou il devient le soliste star qui concentre tous les regards.

Question programme, le lien entre le fameux Quintette posthume de Schubert, le mouvement lent de la Sinfonia Concertante du compositeur d’origine hongroise et les courtes pièces de Piazzola, Schnittke et Raskatov, n’est autre que la passion que déploie à parcourir de larges répertoires et à les réunir pour en souligner l’universalité. Le programme est proche du concert donné au Festival de Radio-France à Montpellier en 2001, avec pour cœur le Quintette posthume de Schubert que Gidon Kremer venait alors d’arranger pour la Kremarata Baltica. Si la transcription est réussie, son intérêt ne dépasse pas celui de toute transcription d’un chef-d’œuvre. Les Cinq minutes dans la vie de W. A. M d’Alexander Raskatov, qui reprennent des partitions de Mozart entrecoupées de fines percussions résonnantes et de clochettes, forment la pièce a priori la plus anecdotique mais paradoxalement, la plus mémorable de ce programme.

De la réalisation vidéo, fort plate, on retiendra la concentration intense et presque disproportionnée de Gidon Kremer dans le nostalgique Oblivion de Piazzolia. Dans le Quintette où Kremer joue au sein de l’ensemble¸ le violoniste s’efface visuellement au profit des musiciennes. Le réalisateur allemand est magnétisé par les beautés blondes, rousses et brunes recrutées par Gidon Kremer. Décidément, Kremer est contre la Kremerata, tout contre.

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