- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Arsys et Haendel, union réussie

On connaît par le concert les affinités électives entre et Haendel. Le disque tardait à immortaliser cela. Grâce au label Eloquentia, c’est chose faite avec le Dixit Dominus, première œuvre sacrée d’envergure du Caro Sassone. Et d’emblée la séduction sonore opère : diction exemplaire, large palette de couleurs sonores, subtilités des dynamiques, tout cela au service d’une dramatisation qui ne se fait jamais outrancière. Le psaume au texte belliqueux n’en devient jamais violent, contrairement à la lecture (certes très réussie) de John Eliot Gardiner (Warner), vieille maintenant d’une vingtaine d’année.

Le chœur rivalise avec les meilleurs, l’orchestre Harmonie Universelle – citons le violon solo Florian Deuter – est une des nombreuses heureuses surprises de cet enregistrement.

En complément, le très original Deus judicium tuum de Telemann, contemporain de Haendel déjà en temps normal plutôt négligé (c’est dire en cette année d’anniversaire !). Un psaume qui tire aussi vers la cantate dramatique, encore plus proche de l’opéra que le Dixit Dominus de Haendel. Œuvre curieuse aussi, composée pour la France (Le Concert Spirituel), dans l’esprit des «Grands Motets». Une sorte de compromis idéal entre le contrepoint rigoureux et la virtuosité vocale. Servi ainsi, le psaume Deus judicium tuum n’est pas une résurrection de plus, mais une mise à jour d’un nouveau chef d’œuvre.

Un disque à placer au pinacle des parutions de cette année Haendel, à l’égal des productions coûteuses des grands labels discographiques.

(Visited 69 times, 1 visits today)