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Monteverdi, au vrai chic carsenien !

«Tapisserie presque pornographique des émotions humaines les plus contestables, qui sous-tendent souvent les bas instincts de l’homme (et de la femme), cet ouvrage traite de pouvoir sexuel, de politique sexuelle-en fait il ne s’agit que de sexe !». Ces propos du metteur en scène , repris dans la notice de présentation, précisent l’approche unilatérale du scénographe !

Mais comme on est à Glyndebourne, temple du bon goût à la britannique, la traduction scénique reste tout de même plus suggestive qu’explicite…Ce qui plaît tant au public local à en croire l’accueil réservé au spectacle…

Baignée par des lumières très froides et stylisées, cette production très chic, donc très «Carsen», est menée avec un professionnalisme à toute épreuve. Tous les éléments du grand répertoire carsenien, avec son éternel côté luxe pimpant, sont savamment récités : costumes trois-pièces, nuisettes seyantes et sacoches en cuir…

La distribution est portée par le couple Poppea/Nerone. qui semble évoluer comme un poisson dans l’eau et fait preuve d’un engagement et d’une souplesse vocale totale. lui donne une réplique musicale et dramatique parfaite. A l’exception du numéro toujours impeccable de l’infatigable , le reste de la distribution est plutôt en retrait et alterne le correct (Tamara Mumford) au décevant (Paolo Battaglia).

Dans la fosse, tire des sortilèges d’un orchestre de l’Age des lumières en état de grâce et donne une leçon de vie théâtrale et de tact monteverdien. La camera de François Rousillon, si souvent brillante et inspirée, semble un peu perdue face à une production qui devait mieux passer à la scène qu’à l’écran. Il faut dire que le côté très intentionnel des lumières et les grands aplats contrastés du décor ne facilitent pas le rendu de son travail.

est un compositeur que le DVD aime beaucoup et les références sont trop nombreuses pour s’arrêter sur cette production qui, en dépit de certaines qualités musicales, reste trop en dessous du message et de la portée de l’œuvre, mais en s’acclimatant aux goûts scénographiques de notre époque. Retour aux incunables donc : Ponelle et Harnoncourt (DGG), Audi et Rousset (Opus Arte), sans oublier Grüber et Minkowski (Bel Air).

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