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Dido and Aeneas au TCE, trop propre et trop joli

Le théâtre des Champs-Élysées avait décidé d’offrir une surprise à ses spectateurs venus entendre la célébrissime Didon et Enée. En première partie était en effet programmé une rareté, une musique que Purcell composa en 1690 pour accompagner la comédie de John Dryden, Amphitrion, or the two sosias, inspirée de la pièce de Molière. Hors le plaisir de la découverte, et tout particulièrement celui d’un adorable duo grivois, il faut cependant avouer que cette mignardise galante, académique au possible, constitue surtout une preuve que tout n’est pas chef-d’œuvre dans la production de  !

La deuxième partie recelait elle-aussi une surprise, bien plus désagréable, avec le forfait d’, remplacée par Caroline Meng, interprète d’Iris dans la première partie. Cette chanteuse, très jeune, a sauvé la soirée d’une bien charmante manière. La voix est fraîche, souple, la caractérisation fine. Il ne manque à cette interprétation tout en joliesse que le petit «plus» de l’expérience qui donnerait un supplément d’âme à sa Didon. , par ailleurs excellentissime Guglielmo, n’est pas ici dans son meilleur répertoire, et son Enée techniquement irréprochable ne semble pas particulièrement déchiré entre l’amour et le devoir. est excellente dans les deux rôles de Belinda et de la première sorcière, tout comme sa comparse . Le rôle de la Magicienne était confié à un contre-ténor, Magid El-Bushra, dont le timbre n’est pas spécialement prenant, ni la ligne exempte de scories. Esprit et marin sans histoire de Arthur Espiritu. Ces trois derniers chanteurs faisaient également partie des chœurs.

L’orchestre et à l’aune de la distribution vocale, joli et sans relief particulier. Un concert agréable, sitôt apprécié, sitôt oublié.

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