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Bruckner 9 par Paavo Järvi, apothéose sonore et adieu à la vie

travaillera près de dix ans à sa neuvième et dernière symphonie – qu’il dédie «au Bon Dieu»- sans pour autant parvenir à la terminer. Si le projet d’un quatrième mouvement est attesté par la présence d’esquisses, le sous-titre d’Abschied vom Leben (Adieu à la vie) donné à l’Adagio laisse à penser que Bruckner, sentant la mort venir, renonce à aller plus loin, considérant d’ailleurs ce troisième mouvement comme ce qu’il avait écrit de plus beau.

A la tête de l’ devenu spécialiste de ce répertoire symphonique, son directeur musical met à l’œuvre son sens de l’architecture et sa capacité à maîtriser les forces en présence. Dès le premier mouvement, le son, dans son ampleur et sa plénitude, se déploie dans un espace idéal confrontant dans un bel équilibre des masses, la verticalité du premier thème et l’horizontalité du second. C’est la gestion du temps – entre suspension et relance d’énergie – et la juste mesure des respirations qui donnent souffle et cohérence à cet admirable premier mouvement d’une puissance sans monumentalité et d’une expressivité sans grandiloquence. La ronde fantastique du Scherzo est menée avec une implacable rigueur, l’énergie du son et la jubilation des timbres captivant l’écoute au même titre que la précision des contours et la netteté des attaques. Si l’Adagio referme presque symétriquement ce triptyque, il nous immerge mieux encore dans son flot symphonique dont l’intensité vibrante, sous la conduite habitée de , devient ici une quête mystique ouvrant sur l’infini : à écouter religieusement.