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Iván Fischer, virtuosité non démonstrative

A peine plus d’un an après une mémorable Symphonie n°3 de Mahler, l’ était de retour dans la capitale, devant un auditoire toujours autant clairsemé…

Disposition toujours inhabituelle, et cette fois quelque peu contestable, de l’orchestre pour le Siegfried-Idyll qui débutait la soirée : les quelques instruments à vent réunis autour du chef, tel des solistes d’un concert grosso, et les cordes réparties autour en éventail. Mais l’écriture de Wagner reste, surtout dans cette œuvre, très classique, basée sur le quatuor, les vents n’étant qu’une couleur supplémentaire. Surtout dans la lecture quasi diaphane d’, toute en retenue. A l’inverse, il ne s’interdit pas les épanchements lyriques dans les Wesendonck Lieder, aidé en cela de l’interprétation magistrale de . Les cinq mélodies s’enchaînent sans interruption, telles cinq strophes d’un même air, assurant lors de l’accord final un triomphe pour les exécutants.

L’alternance de lyrisme et de retenue se retrouve dans Petrouchka, dans une disposition tout aussi curieuse : le piano, central comme il se doit, est entouré de la harpe et du célesta, ce dernier limitant son interprétation à quelques mesures dans la première partie. La précision d’interprétation des musiciens de l’Orchestre du Festival de Budapest est stupéfiante (si ce n’est quelques couacs de trompette). ne tombe jamais dans la tentation de la virtuosité par le choix de tempi plutôt modérés. Célébrés par de nombreux rappels, musiciens et chefs ont gratifié le public d’un bis original, éloigné des «hongroiseries» habituelles (Rhapsodies hongroises, Danses hongroises, Marche de Radetzki, …) : la cinquième des Minutes symphoniques de Ernst von Dohnanyi.

Crédit photographique : Iván Fischer © DR

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