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Clôture de saison de l’Orchestre Lamoureux

Dans le cadre de son 25e anniversaire, le quintette Magnifica (Michel Barré et Michel Torreilles, trompettes, Jean-Michel Tavernier au cor, Pascal Gonzales au trombone et Benoît Fourreau au tuba) se produisait aux côtés de l’ dans Couleurs cuivres de . Peu connu du grand public, ce dernier écrit pourtant pour de grandes formations (Orchestre Philharmonique de Berlin, Orchestre de l’Opéra de Lyon, Orchestre National de Russie, excusez du peu…) et fait par ailleurs une carrière d’orchestrateur pour le cinéma, notamment des musiques d’Alexandre Desplat pour Coco avant Chanel, Un Prophète, Fantastic Mr. Fox ou The Ghost Writer. Il s’agissait ici de la première française d’une suite pour quintette à cuivres et orchestre, créée en 2000 par le Hallé Orchestra de Manchester et Kent Nagano. Habilement orchestrée, l’œuvre est teintée de couleurs proches de Debussy, Ravel, orientalisant par moments, les cuivres étant souvent fondus dans l’orchestre. Les musiciens interprètent avec conviction cette musique facile d’accès et plaisante à découvrir.

Pour le dernier concert de sa saison, l’, dirigé par (actuel directeur musical de l’Orchestre d’Auvergne) proposait ensuite deux œuvres d’ liées à l’Italie.

Tout d’abord le Carnaval romain (1843-44), reprenant des thèmes du premier acte de Benvenuto Cellini. Dans cette ouverture, on regrette un manque de précision et d’homogénéité des pupitres des violons et altos dans les passages vifs (allegro assai con fuoco initial notamment), en admirant la tendresse du solo de cor anglais. Malgré la qualité des vents, percussions, la mise en place de cette pièce spectaculaire n’est pas optimale, tout comme l’équilibre des pupitres.

Le concert se terminait par une œuvre un peu antérieure de Berlioz, Harold en Italie, sorte de symphonie concertante pour alto et orchestre. Le soliste convié, , est un grand habitué de la pièce, l’ayant même enregistré à trois reprises (chez Erato avec François-René Duchable dans la transcription de Liszt, chez Emi avec et pour Philips avec John Eliot Gardiner). Afin de mettre en valeur les nombreuses interventions de la harpe, a tenu à ce que l’instrument soit placé au devant de la scène, à la droite du chef, l’occasion d’apprécier le jeu de Saori Kikuchi (non mentionnée dans le programme). Le chef offre une belle interprétation de cette musique tour à tour sombre, mélancolique, joyeuse ou déchaînée, même si les cordes graves (violoncelles, contrebasses), malgré leur effectif, manquent de présence et de rondeur. La partie d’alto, qui représente Harold, est magnifiquement tenue par , sonorité chaude, qui sait se faire intime, pudique mais aussi lyrique.

Crédit photographique : Arie van Beek © Ludovic Combe